Fille de la campagne – Edna O’Brien

Edna O'Brien - Fille de la campagne - Sabine Wespieser

Fille de la campagne est l’autobiographie de l’écrivain Edna O’Brien qui, en ce jour d’août de sa soixante-dix-huitième année, s’assoit pour commencer les mémoires qu’elle s’était jurée de ne jamais écrire.

C’est donc une vie bien remplie, avec multitude de détails que le lecteur va découvrir. Née dans une famille pauvre en Irlande, elle sera envoyée – jeune fille – dans un couvent, et tombera amoureuse d’une des sœurs présentes. C’est le premier signe qui rend cette jeune fille attachante, car différente. Depuis toujours attirée par la littérature, elle en fera sa vie, en dépit et parfois même au détriment de tout.

Elle se mariera comme tout le monde, aura deux enfants, mais prendra son envol avec le début réel de l’écriture, malgré le désaccord de son mari plus âgé qu’elle. Dès qu’elle sera publiée, elle accèdera à un autre statut. Son mari acceptera mal cette indépendance et cette liberté de vivre et de penser. C’est Londres, les années 1960, elle divorcera, aura des amants, le premier semblant être Robert Mitchum, puis d’autres, connus ou moins connus. Elle évoluera dans le milieu littéraire, comme elle l’avait toujours voulu, et rencontrera des artistes, des peintres, acteurs et auteurs, voyagera, ira à New York… Sa vie semble être vécue en dehors du temps réel, dans un monde fait d’extrême, de passion, de volonté de vivre.

Ce livre est passionnant, non seulement pour découvrir Edna O’Brien, l’auteure des livres qui firent scandale « les filles de la campagne », mais surtout pour voyager dans un passé proche, une cinquantaine d’année déjà, dans les cercles littéraires, du cinéma et du théâtre, peuplés d’artistes, de création et de vie. Si à certains moments, on souhaiterait que la multitude de précisions et de détails s’allège un peu, il suffit de quelques instants de patience pour se replonger avec délice dans cette vie piquante et envoutante.

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Et les avis d’autres jurées de ELLE sur Fille de la campagne :
Sous les galets, Madame Bouquine, Melly lit , Fancy Flower

Les premières lignes de Fille de la campagne :

« C’était dans une clinique du National Health Service. Une fille aimable, avec un casque de cheveux bruns et un accent étranger, m’avait fait un test de surdité. « Vous vous portez à merveille, mais pour ce qui est de votre audition, vous êtes un piano cassé ». Elle regarda si cela avait quelque effet alarmant sur moi, puis enchaîna sur les risques du grand âge. »

La présentation de l’éditeur Sabine Wespieser de Fille de la campagne :

« La lucidité et la hardiesse d’Edna O’Brien sont tout entières dans ses éblouissants mémoires. Quand cette « fille de la campagne », née en 1930 au fin fond de l’Irlande rurale, devenue l’auteur d’une œuvre majeure, entreprend de raconter sa vie, se dessine en creux le portrait d’une femme libre et d’une créatrice farouchement attachée à son indépendance.
Arrivée à Dublin après une enfance solitaire et des années de couvent, l’étudiante en pharmacie découvre avec passion la littérature et le monde des lettres. Elle décide, contre l’avis de ses parents, d’épouser l’écrivain Ernest Gébler, avec qui elle part s’installer à Londres dès 1958.
Lors de la parution de son premier roman, Les Filles de la campagne (1960), le scandale est énorme et le livre interdit en Irlande. Le couple ne résiste pas au succès de la jeune femme. Elle se bat pour obtenir la garde de ses deux fils, et décide alors qu’elle sera avant tout mère et écrivain, que rien jamais ne l’éloignera de sa table de travail.
Edna O’Brien évoque avec le plus grand naturel sa vie dans le « Swinging London » des années soixante. Sur Robert Mitchum, Paul McCartney, Marlon Brandon ou Richard Burton, qui furent des amants ou des frères – les deux seules catégories d’hommes selon elle –, elle livre des souvenirs drôles et tendres. Jamais d’amertume dans ces mémoires, même quand passent les ombres qui hantent sa vie et nourrissent son œuvre, celles de ses parents et celle de son mari destructeur et jaloux.
Sur le Nord, sur New York, sur ses réussites et ses échecs, ses joies et ses chagrins, les pages s’enchaînent avec l’apparente fluidité que donne à la grande styliste qu’elle n’a jamais cessé d’être l’obsession du mot juste. »

Edna O’BRIEN, Fille de la campagne
Traduit de l’anglais (Irlande) par Pierre-Emmanuel Dauzat
Parution : Mars 2013 – Sabine Wespieser
Original : 2012, Country Girl

3 réflexions au sujet de « Fille de la campagne – Edna O’Brien »

  1. J’ai été moins emballée que toi par cette autobio, il m’a manqué un peu de chaleur et de proximité avec les personnages, mais par contre la figure de la romancière irlandaise et vraiment passionnante.

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