Le sermon sur la chute de Rome – Jérôme Ferrari

Le sermon de la chute de rome

Dans un petit village de Corse, le bar est le principal lieu de rencontres entre les habitants, mais la gérante n’a plus l’énergie pour s’en occuper, et les derniers volontaires semblent manquer de professionnalisme ou tout simplement de volonté.

C’est alors que, contre toute attente, Matthieu et Libero qui viennent juste d’obtenir leur licence, deux amis, deux « petits » du coin, prennent la décision de reprendre le bar, dont la fermeture semblait prochaine. Le village reprendra alors vie, mais à quel prix.

Mais il ne faudra pas oublier le sermon de saint Augustin, « car Dieu n’a fait pour toi qu’un monde périssable ».

Il ne suffit pas de revenir aux origines, pour être dans le meilleur des mondes. Ce monde idéal va se craqueler, les amitiés vont être mises en jeu, les relations familiales aussi.

L’homme semble né pour construire, pour créer, pour se battre, il peut devenir aveugle parfois, il peut s’acharner malgré tout, il peut surtout dévier, et tout détruire.

Jérôme Ferrari a une plume enchanteresse, qui rend chaque phrase et chaque idée très puissante et très forte.

Ce Prix Goncourt 2012 est largement mérité et je vous invite fortement à bloquer une après-midi pour passer un moment en Corse avec, entre les mains, ce roman envoûtant.

Logo Prix Goncourt Prix Goncourt 2012
Tous les Prix Goncourt : ICI


Les premières lignes :

« Comme témoignage des origines – comme témoignage de la fin, il y aurait donc cette photo, prise pendant l’été 1918, que Marcel Antonetti s’est obstiné à regarder en vain toute sa vie pour y déchiffrer l’énigme de l’absence. »

La présentation par l’éditeur Actes Sud :

Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre.
Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.

Jérôme FERRARI, Le sermon sur la Chute de Rome
Parution : Août 2012 – Actes Sud