Etranges rivages – Arnaldur Indridason

Arnaldur Indridason - Etranges rivages - Metailie

Lire Arnaldur Indridason est un enchantement, et Etranges rivages est un régal, même si on se trouve finalement assez éloigné d’une catégorie « policier » classique.

Erlendur, pour ceux qui ne le connaissent pas, est commissaire à Reykjavik. C’est le genre taciturne et loup solitaire.

Mais dans ce volume, l’histoire se passe loin de la capitale islandaise et Erlendur n’est pas officiellement chargé d’une enquête. Il est parti en vacances se ressourcer dans le froid des fjords islandais.

Au fil des livres de la série, le lecteur a appris qu’Erlendur est obsédé par la disparition de son frère Bergen, intervenue lorsqu’ils étaient tous deux enfants. Erlendur a lâché la main de son frère pendant une tempête de neige. Depuis, il est hanté par sa mort, le corps n’ayant jamais été retrouvé, et s’intéresse de manière générale aux disparitions intervenues dans le grand froid.

C’est dans ce cadre que l’histoire va se dérouler. En interrogeant des personnes sur des disparitions passées, il va s’intéresser à celle de Matthildur, également intervenue pendant une tempête de neige, et dont le corps n’a pas été retrouvé, comme son frère.

Erlendur va ainsi remonter ainsi sur les traces de son passé, en confrontant la réalité et les pensées et événements oubliés.

Ce livre est très personnel et intime, et si une pseudo enquête se tisse autour de Matthildur, Erlendur va surtout découvrir l’histoire d’une femme qu’il ignorait, et par les discussions et rencontres, revenir sur son histoire familiale.

Il ne faut pas lire ce livre pour l’enquête en elle-même, cela risquerait d’être une déception, mais bien pour l’écriture d’Arnaldur Indridason, sa capacité à entrer dans le personnel et l’intime, à créer dans Etranges rivages, une ambiance froide et aride, comme si la nature elle-même était en connivence avec les secrets et le passé des hommes.

Une petite déception sur la fin du livre, un peu « tirée par les cheveux », mais qui n’entame nullement le plaisir de lecture du reste d’Etranges rivages.

Un petit rappel, pour découvrir Erlendur dans l’ordre : (1) La cité des jarres, (2) La femme en vert, (3) La Voix, (4) L’Homme du lac, (5) Hiver arctique, (6) Hypothermie

BibliomaniacsIl existe d’autres livres d’Arnaldur Indridason, mais ne faisant pas vraiment apparaître notre commissaire adoré !

Et aussi l’avis d’Eva et de Marjorie.

et de Bibliomaniacs d’août 2014, à écouter ICI.


Les premières lignes d’Etranges rivages :

Il n’a plus froid. Au contraire, une étrange vague de chaleur lui envahit le corps. Lui, qui pensait que toute chaleur l’avait déserté, il a l’impression qu’elle se diffuse dans ses bras et ses jambes, jusqu’à ses mains et ses pieds, et brusquement son visage lui semble s’enflammer.

Arnaldur Indridason - Etranges rivages - PointsLa présentation de l’édition en Points :

De retour sur les terres de son enfance, le commissaire Erlendur est hanté par le passé : la disparition de son frère, et d’autres affaires restées sans réponse. Il se plonge dans l’histoire de cette jeune mariée perdue sur un chemin de montagne soixante ans plus tôt. Pourquoi n »a-t-elle pas croisé le groupe de soldats anglais égaré ? Sous la glace des fjords d’Islande, le passé ne meurt jamais.


Arnaldur Indridason
Etranges rivages
Traduit de l’islandais par Eric Boury
Parution : Février 2013 – Metailié / Mai 2014 – Points n°3251

4 réflexions au sujet de « Etranges rivages – Arnaldur Indridason »

  1. Je viens également de le terminer et j’ai beaucoup aimé ! C’est vrai que c’est très différent des enquêtes habituelles mais j’ai beaucoup aimé l’histoire d’Erlendur et de son frère (j’ai envie de dire : Enfin, on connait tous les détails!)
    Qu’est-ce qui t’a paru tiré par les cheveux ? Le truc retrouvé dans le terrier ?

    • Oui, ça en effet, mais pas seulement. Toutes les fins, aussi bien celle concernant Matthildur, que celle concernant son « superman » de mari ;-)

  2. Ce livre que j’ai découvert en audio fut un coup de coeur. D’abord parce que ça faisait très plaisir de retrouver Erlendur qui avait été absent des tomes précédents et ensuit parce que je le trouve poétique, on est très loin du polar d’action. Erlendur est typiquement le héros de polar que j’aime, avec ses failles venue de l’enfance.
    Je n’ai pas été déçue par la fin (tu parles de la toute fin?) et en en discutant avec une amie, je me suis rendue compte que nous n’avions pas compris pas la même chose.

    • La plume d’Indridason doit en effet très bien s’écouter.
      Oui, la toute fin, je l’ai trouvé … un peu « forcé ». Je ne veux pas en dire trop ;-)

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