Un été – Vincent Almendros

Vincent Almendros - Un été - Minuit
(Avis de Valérie)

C’est en août que notre narrateur est invité par son frère et sa compagne à passer quelques jours sur leur voilier avec Lone, la scandinave qui partage sa vie. Rendez-vous est pris pour se retrouver à Naples. Pour le narrateur, ces retrouvailles ne sont pas anodines, il va passer quelques jours en huis-clos avec Jeanne dont il fut amoureux et qui est désormais la compagne de son frère Jean.

Si vous aimez l’action, passez votre chemin. Il ne se passe pas grand-chose dans ces 94 pages sauf dans la chute et il me semble que réussir la chute d’un roman est déjà un excellent point, tant certaines fins me frustrent. Ici, c’est la chute qui éclaire le comportement de deux des personnages puisque tout ce qui se passera dans ce roman tend vers cette chute. Vincent Almendros maîtrise très bien l’art de parler de la nostalgie de notre passé sans jamais utiliser de retour en arrière et j’ai vraiment trouvé cette technique. Bien sûr, il nous explique que Jeanne a quitté le narrateur mais ne nous fait revivre aucune scène du passé, le narrateur partage juste l’information avec nous. C’est à la fois frustrant car on attend qu’il nous raconte mais c’est aussi une manière de ne s’attarder que sur l’essentiel, le rapport au présent sous-tendu par l’amour qui nous a lié à un être, même quand cet être est devenu autre et n’est plus du tout la personne que nous avons aimée. J’ai aimé la tension palpable présente dans ce roman, tension qui enveloppe le narrateur qui n’est plus maître de la situation, qui ne devient plus que pantin entre les mains des maîtres du jeu. Tension qui devient parfois érotique sans qu’elle ne le soit totalement, jeu troublant entre ce qu’on désire et ce qu’on a désiré, ce qu’on désire et ce que l’autre veut de nous. Vincent Almendros joue avec les images, les objets, les pressentiments, il maîtrise à la fois l’écriture et la tension dramatique.

Publié le 8 janvier 2015 aux Editions de Minuit que je remercie, ainsi que Masse Critique.

4 coeursChallenge rentrée d'hiver 2015

8 réflexions au sujet de « Un été – Vincent Almendros »

  1. Eh ben, tu as aimé un roman de 94 pages qui m’a juste fait pousser un gros bof, c’est le monde à l’envers ! (manquerait plus que je lise un pavé et que j’en fasse une pépite…)

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