Et rien d’autre – James Salter

James Salter - Et rien d'autre - L'Olivier

- Rentrée littéraire 2014 -

Et rien d’autre raconte l’histoire de Philip Bowman, plutôt survole quarante ans de l’histoire amoureuse de Philip Bowman, décrit ses rencontres féminines surtout, ses dîners, quelques pensées sur le temps et la littérature, et ses nuits d’amour. Et rien d’autre.

A lire les critiques dithyrambiques dans la presse, je m’attendais à un vrai chef d’oeuvre. C’est une vrai déception. Il faut probablement lire d’autres livres de James Salter pour comprendre cet engouement, mais ce n’est pas parce que c’est un écrivain rare et qu’il a 89 ans qu’il faut nécessairement lire ce livre.

Son style est annoncé comme unique. C’est bien écrit, et certaines phrases sont assez poétiques et très joliment tournées. Et c’est la seule chose que j’ai appréciée.

Pour le reste, je n’ai pas été personnellement touchée par ce style, c’est assez décousu, on saute d’un moment à un autre, d’une personne à une autre, d’une anecdote ou d’un souvenir à une autre anecdote ou souvenir. C’est un livre trop fragmentaire pour moi (comme était trop fragmentaire également Constellation finalement). J’ai eu parfois le sentiment de lire des phrases les unes derrière les autres, totalement désincarnées et sans âme.

L’histoire est présentée comme passionnante. Qu’est-ce qui est passionnant ? Les passages sur la guerre, sur l’histoire des Etats-Unis, sur la littérature sont un épiphénomène. Il s’agit surtout de la prétendue vie amoureuse de Philip Bowman. J’ai lu des rencontres mondaines, assez vaines et peu intéressantes, des rencontres féminines, toutes écrites sur le même schéma (rencontre, séduction, un petit dîner au restaurant, une petite phase de séduction, une nuit d’amour) : je n’ai rien ressenti, aucune impression d’amour, aucune sensualité, aucune chaleur, mais une grande grande vacuité.

C’est peut-être cela au fond, c’est un livre sur la vacuité du temps qui passe, sur la vacuité des rencontres, sur la vacuité des émotions, sur la vacuité de la vie. Tout ça, c’est surtout beaucoup trop de vide pour moi.

Sinon, on croise des personnages, rapidement, et qu’on ne retrouve pas (ou rarement) dans la suite du roman, tous décrits sans profondeur, sans psychologie, mais sur la base du lieu de naissance, de l’endroit géographique de l’enfance, du métiers des parents, de leur statut marital – marié ou divorcé, cocu ou fidèle – et hop on passe au suivant : lieu de naissance, …

Pour tenter de donner un peu de vie, de réalité à ces personnages, les dialogues sont partout, leur intérêt, inexistant. Il ne se passe rien, ils ne déclenchent rien.

Je ne comprends vraiment pas l’enthousiasme de la presse autour de ce livre, je suis passée totalement à côté. En plus, à lire les critiques littéraires, j’ai le sentiment qu’un vrai bon lecteur (et érudit et intelligent) « doit aimer » Et rien d’autre de Salter.

Tant pis, je constate que je ne suis rien de tout cela, rien à faire, je n’ai pas aimé ce livre de James Salter.

-> L’avis également déçu, mais cependant plus enthousiaste de Coralie.

Prix Littéraires
2e sélection Prix Femina 2014
2e sélection Prix Médicis 2014

Les premières lignes :

Toute la nuit, dans le noir, la mer avait défilé.
Sous le pont, dans leurs lits métalliques étagés les uns au-dessus des autres par rangées de six, des centaines d’hommes, silencieux, gisant pour la plupart sur le dos, n’avaient toujours pas trouvé le sommeil alors que le jour allait poindre.

La présentation éditeur (ou lien direct site) :

La Seconde Guerre mondiale touche à sa fin. À bord d’un porte-avions au large du Japon, Philip Bowman rentre aux États-Unis. Il a deux obsessions, qui l’accompagneront tout au long de sa vie : la littérature et la quête de l’amour. Embauché par un éditeur, il découvre ce milieu très fermé, fait de maisons indépendantes, et encore dirigées par ceux qui les ont fondées. Bowman s’y sent comme un poisson dans l’eau, et sa réussite s’avère aussi rapide qu’indiscutable. Reste l’amour, ou plutôt cette sorte d’idéal qu’il poursuit, et qui ne cesse de se dérober à lui. L’échec d’un premier mariage, l’éblouissement de la passion physique et le goût amer de la trahison sont quelques-uns des moments de cette chasse au bonheur dont l’issue demeure incertaine.

Ce livre magnifique est comme le testament d’une génération d’écrivains, derniers témoins, sans le savoir, d’un monde promis à la disparition. Parce que l’art est le seul lieu où les contraires coexistent sans se détruire, il noue d’un même geste la soif de vivre de la jeunesse et la mélancolie de l’âge mûr, la frénésie érotique et le besoin d’apaisement, la recherche de la gloire et la conscience aigüe de son insignifiance.

Challenge RL 2014James SALTER, Et rien d’autre
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marc Amfreville
Parution : Août 2014, Ed. l’Olivier, 366 pages

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(Dernière mise à jour : 24/10/2014)

23 réflexions au sujet de « Et rien d’autre – James Salter »

  1. J’ai lu sans ennui au début, puis arrivé à la moitié, j’ai arrêté, ce qui est rare, mais je ne trouvais plus aucun intérêt à ces histoires qui pourraient continuer encore plus longtemps avec bien d’autres personnages…

    • Denis, le début est bien réussi, je suis d’accord, donc on rentre bien dans ce livre, mais en effet, pour continuer, ce n’est pas évident …

  2. Merci pour la critique que je partage que partiellement – mais je viens de lire le livre en anglais (et je pense que pas mal de choses disparaissent dans cette tapisserie à l’envers qu’est la traduction (je suis moi-même traducteur – vers l’allemand) . De plus j’ai bientôt 60 ans et ce regard dans le rétroviseur aplanit pas mal de choses dans une vie – qui peut perdre de passionnant pour une personne extérieure. Lisez le texte sur Slate.com qui a le même sentiment que vous….(lien sur mon site). Bonne continuation sur votre blog sympa.

    • J’ai lu un autre article qui parlait du problème de la traduction, et c’est vrai que je l’ai lu en français ; certaines impressions sont peut-être mal passées. C’est intéressant ce que vous dites sur l’âge, car en le terminant, je me suis dit que je l’aurais certainement apprécié différemment ce livre, si j’étais un homme d’une part, et un peu plus âgée d’autre part. Vous confirmez cette impression. Merci pour votre gentil message.

  3. Eh bien ! je désespérais de trouver des lecteurs / trices qui, comme moi, avaient trouvé ce livre bien ennuyeux, mais enfin j’ai trouvé. Les critiques lors de sa sortie étant très bonnes, j’ai acheté le livre (alors que j’attends souvent la sortie en « poche »), quelle déception, je n’ai pas réussi à accrocher du tout, très très déçue !

    • J’ai désespéré également, il faut dire …. Moi aussi je me suis laissée prendre par les très bonnes critiques, ce qui a probablement augmenté encore plus ma déception. Ma chance, c’est que je l’ai pris à la bibliothèque … :-)

  4. Il ne me tente pas non plus. Les histoire d’amour y’a pas plus chiant, surtout quand ça domine tout le reste, et pire quand le reste est quasiment inexistant.
    Mais bon ça va à la base il ne me tentait pas.

    J’espère que la suite de tes lectures sera meilleure.

    • En plus, ce n’est même pas vraiment une histoire d’amour … ou d’amours ratées alors …
      Et je te confirme que la suite de mes lectures est meilleure !

    • Ecoute, je ne sais pas, je ne comprends pas vraiment cet engouement … Si tu le lis, peut-être que tu pourras m’expliquer ?

  5. Quand je pense qu’il est dans ma pile depuis sa sortie ! J’avais aimé Un bonheur parfait la première fois que je l’avais lu, alors j’étais ravie de cette nouvelle parution. Mais j’ai relu Un bonheur parfait et je me suis ennuyée à mourir. Cela dit je trouve toujours le style superbe. Est-ce qu’au moins les passages sur l’édition valent le détour ?

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