Une enfance de rêve – Catherine Millet

Catherine Millet - Une enfance de rêve - J'ai Lu

Ne vous trompez pas, Une enfance de rêve n’est pas l’histoire romancée d’une enfance imaginée parfaite qui n’a rien à voir avec le réel. Le livre de Catherine Millet est au contraire un récit familial et personnel très intime et d’une jolie profondeur.

De plus, ce livre n’a rien à voir avec La vie sexuelle de Catherine M. qui peut se résumer en une succession de rapports sexuels dans un style assez clinique et très factuel.

Dans Une enfance de rêve, au contraire, le factuel ne prend pas toute la place, l’introspection personnelle le supplante. C’est avec plaisir qu’on découvre une Catherine Millet différente. Une Catherine enfant, puis adolescente, en construction comme future femme, comme future objet et sujet de désir certes, mais surtout, comme future adulte en devenir.

Ce récit est donc à la fois une histoire familiale, axée autour de la grand-mère, de la mère Simone (du père un peu aussi) et du frère Philippe, une histoire d’écolière et de lycéenne, un récit d’apprentissage pertinent d’une enfance non pas « de rêve », mais d’une enfance qui reste malgré tout une enfance heureuse.

Ce qui m’a particulièrement plu dans ce livre, c’est la façon dont Catherine Millet décortique et analyse avec beaucoup de justesse les ressorts psychologiques et les pensées de l’enfant qu’elle était par opposition aux schémas et réflexions de l’adulte qu’elle est lorsqu’elle écrit ce récit.

C’est vraiment une belle découverte que cette facette d’un écrivain qui a une plume très agréable, un joli style littéraire (qui n’a pas empêché le ressenti de toutes petites longueurs, mais non gênantes), qui est très à l’aise dans l’intime et le personnel et qui tient des propos justes et touchants.

L’avis de Jostein.

Catherine Millet - Une enfance de rêve - FlammarionLes premières lignes d’Une enfance de rêve :

Dans les derniers jours du mois d’octobre 1951, une fin de matinée, mes parents rentrèrent à la maison et ma mère posa sur le divan qui servait de lire à sa mère un bébé dont la seule image qu’il m’ait laissée est celle de ses mains que je fus autorisée à caresser.

La 4e de couverture des éditions Flammarion :
(ou lien direct site Flammarion)

Catherine Millet a entrepris ce récit où elle raconte son enfance, son père et sa mère, pour essayer de comprendre comment on peut grandir sans se fabriquer une morale, et comment peut naître le désir d’écrire.

Catherine MILLET
Une enfance de rêve
Flammarion, avril 2014, 284 pages
J’ai Lu, mai 2015, 286 pages

7 réflexions au sujet de « Une enfance de rêve – Catherine Millet »

      • Mior, tu as raison, ce récit n’a absolument rien de dérangeant, si ce n’est qu’il est en tant que récit autobiographique, très intime et personnel (mais peu sexuel). De mon souvenir le « la vie sexuelle », que j’ai lu il y a plus de 10 ans je pense, ce récit là m’a paru plus subtil, car plus introspectif de manière transversal, plus psychologique et couvrant un panel plus large de sujets. Mais mon souvenir est lointain …

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