En même temps, toute la terre et tout le ciel – Ruth Ozeki

Ruth Ozeki - En même temps, toute la terre et tout le ciel - Belfond

En même temps, toute la terre et tout le ciel est un roman ambitieux, que l’on doit certainement trouver merveilleux lorsqu’on entre dedans, sinon …

L’idée du roman est pourtant tentante : le concept de la bouteille jetée à la mer retrouvée par une personne curieuse : ici, la curieuse, c’est Ruth, alter ego semble-t-il de l’auteure elle-même, et la bouteille un sac plastique contenant des photos, un carnet et une montre. Qui a écrit ce carnet ? A qui appartient cette montre ?

Le roman est construit par alternance entre la lecture du carnet, écrit par une jeune fille Nao dont la vie difficile est racontée au fil et à mesure, et les réflexions de Ruth sur cette lecture, qui cherche à en savoir plus, à lever le mystère, et qui explore par la même occasion ses doutes sur le process de l’écriture.

Au bout d’une centaine de pages, un léger ennui a commencé à poindre son nez, puis s’est installé pour ne plus repartir.

Les parties relatives à Ruth, ses relations de voisinage ou avec son mari, les explications savantes de ce dernier sur des sujets divers, ne sont pas particulièrement intéressantes et alourdissent inutilement ce roman. Plusieurs passages sont des condensés d’éruditions sur un sujet particulier, les plantes, un phénomène météorologique, dont on comprend mal parfois l’utilité et donnent l’impression de pages écrites un peu inutilement, qui ne servent pas l’intrigue principale.

L’intrigue principale justement, c’est l’histoire de la jeune Nao, adolescente souffre-douleur mal dans sa peau, qui tente de vivre avec un père suicidaire et absent, cherche à trouver un sens à la vie en s’interrogeant sur la spiritualité, sur la violence, mais aussi sur le suicide et la mort. Malheureusement, trop de sujets sont évoqués, et ces thèmes importants sont noyés dans un flot de détails et de passages inutilement longs leur faisant perdre de leur force et de leur intérêt.

Se rajoute de surcroît un soupçon de mystère et d’irréalité (et une fin en queue de poisson), qui n’était pas vraiment nécessaire ; l’histoire de Nao aurait pu se suffire à elle-même. La quatrième de couverture rapproche En même temps, toute la terre et tout le ciel de Murakami, mais Ruth Ozeki nous parait loin de la virtuosité et de la poésie imaginaire et envoûtante de Murakami. Ce livre, peut-être parce qu’on en attendait beaucoup trop, est une déception.

Si c’est également une déception pour Melly qui n’a pu le lire jusqu’au bout, l’avis d’Eva est plus mitigé, alors que ce fut une belle découverte pour Coralie qui aimerait le voir primer. C’est également un livre qui a été beaucoup apprécié par de nombreuses lectrices jurées du Prix des Lectrices Elle 2014, et qui est bien placé pour le Prix !

Grand Prix des lectrices Elle

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Ruth OZEKI, En même temps, toute la terre et tout le ciel
Traduit de l’américain par Sarah Tardy
Parution : Août 2013 – Belfond
Original : 2013, A tale for the time being

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(Dernière mise à jour : 06/06/2014)

10 réflexions au sujet de « En même temps, toute la terre et tout le ciel – Ruth Ozeki »

  1. pour moi ça ressemble à un » page-turner  » et puis finalement j’ai mis du temps à le lire ! Il pourrait bien gagner le prix à mon avis …

  2. Bonjour,

    Je confirme, si on rentre dedans, on aime beaucoup. Je l’ai vraiment beaucoup aimé et pour moi ce fut une belle découverte, un livre que j’avais pris un peu comme ça par hasard. Mais je reconnais que n’est pas une lecture facile, et il faut savoir passer outre les passages un peu longuets, peut-être, et se laisser prendre dans l’ambiance.
    Joli billet, dans tous les cas.

    • Tu n’es pas la seule à avoir cet avis, c’est pour ça que malgré ma réserve, je l’ai offert à une amie qui je pense pourra se laisser rendre dans l’ambiance justement. Et merci pour ton gentil mot de la fin :-)

  3. J’ai eu les mêmes sentiments que toi à la lecture : j’ai l’impression qu’Ozeki s’est trop dispersée, je ne suis pas entrée dedans. C’est un sentiment de « fadeur » que j’ai eu en refermant le livre, très étrange.

  4. J’ai abandonné cette lecture pour tout ce que tu soulignes..J’aurai préféré n’avoir que Nao, je me suis ennuyée…Dommage (je lirai plutôt un Murakami du coup ;-)

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