Eloge du repos – Paul Morand

Paul MORAND - Eloge du repos - Arlea IL Y A 130 ANS …

Le 13 mars 1888, naissait Paul Morand, ministre, diplomate et écrivain. Grand voyageur, élu à l’Académie française en 1969 (après le veto gaulliste de 1958), il a publié plus de 60 ouvrages de tous les genres, dont « Apprendre à se reposer », un titre oublié, réédité sous le titre Eloge du repos.

Le titre parait aujourd’hui très ironique, même s’il l’était déjà lors de sa rédaction. il faut se replacer à l’époque, en 1937.

C’est donc un texte écrit peu de temps après l’adoption des lois de 1936 sur les congés payés. A cette époque, Paul Morand est en « vacances » (nous rappelle les éditions Arléa) depuis 11 ans, s’étant « mis en congés » en 1926 peu de temps avant son mariage avec Hélène Chrissoveloni, la princesse Soutzo (1879 – 1975).

« Spécialiste » du repos et des voyage – cela fait dix ans qu’il voyage et se consacre à l’écriture – il se positionne en expert de la question et s’interroge sur la façon dont les travailleurs, qui bénéficient nouvellement de congés, vont bien pouvoir occuper leur temps libre.

Certaines réflexions sont teintées d’un humour qui fait vraiment sourire, d’autres sont plus datées. Quoi qu’il en soit, ce texte nous replonge à une époque où les congés venaient juste d’être accordés. Paul Morand nous parle de « L’art des loisirs », donne des « conseils pour voyager sans argent », n’oublie pas d’évoquer le comportement du français à l’étranger, des bienfaits du sport et également, et oui, de l’importance de prendre son temps et de penser à sa vie intérieure.

Certaines pensées restent contemporaines, ce qui rend avec le recul certains passages vraiment drôles, et compensent ceux plus moralisateurs ou un peu vieillots, et le sont moins.

Paul Morand en très bref :

Reçu au concours des ambassades en 1913, il occupa différents postes, à Rome, Londres, Madrid, Bangkok, Bucarest (ambassadeur de france en 1943), Berne (1944). Il sera révoqué, réintégré, mis à la retraite. A partir de 1953, il se consacre majoritairement à la littérature. Il décède le 23 juillet 1976.

Son premier recueil de nouvelles Tendres Stocks (1921) est préfacé par Marcel Proust. Il avait au préalable publié quelques poèmes. A noter, parmi d’autres, Ouvert la nuit (1924), Lewis et Irène (1924), Flèche d’Orient (1932), Les extravagants (1936), L’homme pressé (1941), Hécate et ses chiens (1954), Venises (1971).


Les premières lignes :

Il suffit de regarder nos rues ou nos routes un samedi de ce temps pour constater que les lois nouvelles ont bouleversé la vie nationale. Les jeunes s’y sont adaptés sur l’heure : ils partent, ils courent, ils bondissent et c’est plaisir de les voir prendre d’assaut les gares, enfourcher des motos qui s’arrachent du pavé, sauter dans les trains en marche, sans autre bagage que leur élan vital.

La présentation des éditions Arléa :

À quoi bon gagner du temps si nous ne savons pas en profiter ? Se reposer est un art.
Un « professionnel » du loisir et de la fantaisie vagabonde nous offre cet éloge – nuancé – du repos. pour éviter que le temps gagné ne soit aussitôt perdu, Paul Morand se livre ici à une pédagogie ironique : les vacances et les voyages s’apprennent comme le reste. Cette pratique du farniente n’est pas seulement une question de lois et de congés payés, c’est d’abord avec l’âme qu’elle a affaire.



Paul MORAND (1888 – 1976)

Eloge du repos
Aléa, réédition février 2004, 128 pages
VO : Flammarion, 1937, sous le titre « Apprendre à se reposer »

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