Egon Schiele, vivre et mourir – Xavier Coste

Xavier Coste - Egon Schiele vivre et mourir - Casterman

L’exposition de la Pinacothèque de Paris « Au temps de Klimt, la sécession à Vienne » ne présente que trois oeuvres d’Egon Schiele. Heureusement, il était possible de repartir avec cette BD à la fin de la visite. Quelle belle compensation !

Egon Schiele (1890 – 1918) est le peintre torturé par excellence, mort alors qu’il avait seulement 28 ans, qui a laissé des oeuvres magistrales et poignantes malgré sa courte vie.

Dans cette BD, le personnage et le visage d’Egon Schiele sont très bien réussis. Fougueux, insolent, on le retrouve à l’Académie des Beaux-arts à Vienne au début du XXe siècle, en train de se faire critiquer par son professeur pour son trait malhabile et son dessin flottant. On imagine tout de suite la vie de ce jeune artiste rebelle qui s’offusque.

Entre les relations difficiles avec sa mère, la mort de son père, ses nombreuses rencontres, on le sent perdu, blessé, animé d’un permanent mal-être. Fasciné par le corps féminin, cette bande dessinée le montre souvent en train de peindre des corps aux positions sensuelles. De sa rencontre avec Klimt, aux difficultés pour se faire exposer, Xavier Coste raconte aussi sur de nombreuses pages son passage en prison, sa vie pendant la guerre et sa tentative de vivre une vie de couple, de famille.

Les tons ocres et gris rendent très bien l’ambiance mélancolique et la solitude d’Egon Schiele, comme sa malédiction d’artiste et de « martyr autoproclamé ». Si certains dessins sont nécessairement suggestifs, cette bande dessinée n’est pas vulgaire, et décrit simplement la vie de ce jeune homme, dont les idées sont inadaptées dans le contexte social de l’époque. Cette biographie est axée sur les événements principaux de sa vie et n’entre pas dans de trop nombreux détails. Mon seul regret est que cette histoire est presque trop courte.

En fin de volume, on retrouve les éléments clés biographiques sur lesquels la narration est basée, illustrés par de beaux portraits très expressifs.

Si comme moi, vous avez été déçu par l’exposition de la Pinacotèque, il est donc possible de se rattraper.

Egon Schiele - Casterman

La quatrième de couverture des éditions Casterman :
(présentation plus développée site Casterman)

Dans l’ombre menaçante d’une Première Guerre mondiale, Vienne étable sa splendeur artistique. Un jeune homme ardent et fébrile se jette à corps perdu dans la peinture, encouragé et soutenu par Gustav Klimt.
Egon Schiele pense pouvoir vivre et peindre en tout liberté, mais il va se heurter à ceux qu’ils scandalise
« je suis à bout, je vous dis,
Je me sens si misérable !
J’ai passé 24 jours en prison,
n’êtes-vous pas au courant ?
J’ai tout souffert … »

Le mélange des genresXavier COSTE
Egon Schiele, Vivre et mourir
Casterman, mai 2012, 72 pages

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4 réflexions au sujet de « Egon Schiele, vivre et mourir – Xavier Coste »

  1. Je n’ai pas été déçue par l’exposition de la Pinacothèque mais j’ai quand même très, très envie de découvrir cette bande-dessinée !

    • C’est vrai que ce n’est pas exclusif ! En fait, je l’ai trouvé assez mal organisée cette exposition, et le parcours assez flou et peu didactique, mais j’ai découvert une toile sublime « Bruno Grimschitz », de Herbert Boeckl. Inconnu de moi, ce fut un choc. Je suis restée admirative devant (devant d’autres aussi bien sûr) pendant plusieurs minutes.

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