Dieu me déteste – Hollis Seamon

Hollis Seamon - Dieu me déteste - La belle colère Coup de coeur !

C’est vraiment une impression géniale de choisir un livre au hasard chez un libraire, enfin pas vraiment au hasard, mais parce que c’est l’un de ses coups de coeur, et de tomber sur une véritable pépite ! Jetez vous sur Dieu me déteste, avec sa couverture cartonnée peinte en orange vif, Hollis Seamon nous offre un vrai trésor !

Richard Casey est un adolescent américain, mais qui n’est pas comme les autres : il n’a pas toute sa vie devant lui. Il vit désormais 24h/24h au service des soins palliatifs d’un hôpital de l’Hudson et, ce n’est pas la peine de se mentir ou d’espérer, il n’en a plus pour longtemps.

Présenté comme ça, le sujet paraît lourd, et la mort annoncée d’un ado n’est guère réjouissant. Mais le livre, qui se déroule presque intégralement dans le milieu hospitalier, n’est pas pesant et sa lecture n’est pas un chemin de croix, bien au contraire.

La trouvaille de ce roman est de raconter l’histoire de Richard, à travers les yeux et avec les mots de Richard Casey lui-même, comme s’il s’agissait de son journal intime, avec son franc parlé, son humour à toute épreuve, sa fabuleuse légèreté propre au milieu enfantin, et surtout, son intense volonté de profiter des derniers instants de sa vie.

C’est donc un style de narration oral qui est choisi, comme si l’on vivait au quotidien dans la chambre de Richard, avec lui, ou comme s’il l’on était soi-même Richard, qu’on avait les mêmes problèmes et les mêmes inquiétudes qu’un jeune adolescent (on en rajeunirait presque !).

Il aimerait boire une petite bière de temps en temps, être moins fatigué, pouvoir faire plus de blagues – même si elles ne sont pas toutes du goût des adultes – et surtout, il aimerait bien ne pas mourir vierge quand même. Cela devient sa dernière obsession – et, presque tout le monde, il faut l’avouer – le comprend. Le ton est tellement léger qu’on en oublierait presque parfois la réalité. Mais le quotidien de Richard reste ponctué de soins médicaux réguliers et l’auteur sait, par de subtiles piqûres de rappel, nous faire retenir que, non, tout ne va pas si bien que cela …

Hollis Seamon, qui est elle-même allée voir son fils à l’hôpital pendant plusieurs années, utilise ses propres connaissances pour raconter l’histoire de Richard. Et c’est probablement parce qu’elle a vécu cette expérience personnelle que l’histoire de Richard est si touchante et si juste, sans jamais être pathétique, mais simplement émouvante.

Ce livre est très marquant ; il est de ceux qui laissent une marque qui ne s’oublie pas (les livres qui font verser quelques larmes sincères, on ne peut que s’en souvenir …). Vraiment, c’est une excellente réussite.

Les premières lignes de Dieu me déteste (très significatives du style de tout le roman) :

Eh, je vous baratine pas. Je suis fiable à cent pour cent, je vous jure. Moi, Richard Casey – alias l’incroyable garçon mourant – je vis bien en ce moment même, quoique temporairement, dans l’unité de soins palliatifs que je vais vous décrire ici.

La superbe présentation de Dieu me déteste par l’éditeur, La belle colère :

New York, hôpital Hilltop. Richard Casey aura bientôt dix-huit ans. Comme tous les adolescents, il voudrait faire la fête, draguer, s’envoyer en l’air, tomber amoureux, danser, fumer, boire, et tout recommencer.

La différence, c’est que Richard sait qu’il ne fêtera jamais dix-neuf ans. Il est un peu plus pressé que les autres et, pour vivre fort, il lui faut déjouer les pièges de tous ceux qui préféreraient le voir vivre un peu plus longtemps. Heureusement, Richard a de la ressource, du courage et un solide sens de l’humour. Alors il va ruer dans les brancards. Et si Dieu le déteste, il est prêt à rendre coup pour coup.

Vous n’êtes pas près d’oublier Richard Casey, comment il mena une révolution contre le corps médical, se glissa dans les draps de la jolie fille de la 302, réussit une évasion périlleuse avec la complicité d’un oncle dysfonctionnel, évita de tomber sous les coups d’un père vengeur, et joua finalement son destin au poker, dans un des plus beaux bluffs jamais montés contre le sort.

Et aussi, en audio :

Hollis SEAMON, Dieu me déteste
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville
Parution : mars 2014 – La belle colère
Original : 2013, Somebody up there hates you

20 réflexions sur « Dieu me déteste – Hollis Seamon »

  1. Personnellement j’ai bien aimé mais je n’ai pas eu le coup de coeur, c’est un bon roman mais les 30 dernières pages ne m’ont pas plu du tout, j’ai trouvé cette touche fantastique totalement à côté de la plaque

    • J’ai commencé à te répondre sur Bellwether, ça ne va pas du tout … Cette fin ne m’a pas déçue, au contraire même, je pense que face à la mort ou son éventualité, on est prêt à se raccrocher à tout, vraiment à tout, et je trouve que cette fin est très représentative de la superstition qui s’y rattache.

  2. J’avais beaucoup aimé moi aussi. Et je renchéris sur le commentaire d’Enna, tu dois lire « Nos étoiles contraires », mon coup de coeur toute catégorie de l’an dernier.
    Me suis moins régalée avec Hester day, comme tu l’as vu sur mon blog (merci de ta visite d’ailleurs)

    • Ah, toi aussi ? Je suis vraiment passée totalement à côté de ce titre. Et bien je rajoute une grosse croix rouge à côté de ce titre alors ! Et puis, je n’écris pas toujours de commentaires, mais je regarde souvent chez toi ;-)

  3. Je viens de le finir, et j’ai adoré moi aussi ! C’est drôle, émouvant, plein d’optimisme et de joie de vivre. Je me suis beaucoup attachée aux personnages.

  4. j’ai lu ton billet en diagonale pour ne pas avoir d’a priori (positif ou négatif d’ailleurs)… je vais le lire en anglais, je m’y attelle dès que j’ai fini le Garcia Marquez…

  5. hou la la…alors pour moi, c’est LA lecture qui me fait très peur, j’ai toutes les chances de ne pas l’aimer: narrateur enfant + enfant mourant + langage oral….je ne suis vraiment pas le bon public.

    • oui, j’ai adoré, mais avec tous les indices que tu me donnes, tu as les trois dans le livre alors bon ….

  6. Bon, a priori le thème ne me tente pas et je n’aime pas les narrateurs enfants mais tu en fait un coup de coeur et Dominique aussi. Je réfléchis.

    • D’autres chroniques sont à venir chez Coralie, Eva et Marjorie … et devine où l’on va en parler le mois prochain ? ;-)

  7. la maison d’édition me l’avait envoyé mais je n’ai pas réussi à le lire en entier, je n’y ai pas été sensible… Il faut dire que quelques mois avant j’avais lu « Nos étoiles contraires » de John Green sur le même sujet mais j’avais eu un gros coup de coeur alors la comparaison ne tenait pas ;-)

    • Je ne connais pas Nos étoiles contraires, mais je note que c’était un coup de coeur pour toi, si jamais je le croise sur mon chemin :-) Je comprends ta difficulté à ne pas le lire jusqu’au bout, j’ai forcé pour le terminer …

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