Le diable, tout le temps – Donald Ray Pollock

Donald Ray Pollock - Le diable tout le temps - Livre de poche Coup de coeur !

Le diable, tout le temps est un grand roman noir : c’est glauque et violent, l’espoir semble totalement absent, tout est misérable et désespéré. Mais c’est un noir absolument merveilleux !

Arvin Eugene Russell est le fils de Willard, pauvre bougre alcoolique, qui vit dans la misère, et se raccroche à la religion de manière excessive et inquiétante.

Willard se rend quotidiennement dans une clairière, le matin et le soir, auprès de son « arbre à prières » pour parler à Dieu et combattre le Démon. Pour sauver sa femme mourante, il se met de manière fanatique à arroser son arbre à prières de sang, qu’il va d’abord récupérer chez le boucher, avant de sacrifier des animaux vivants, jusqu’à ce que les sacrifices d’animaux ne lui suffisent plus.

Mais Willard n’est pas le seul personnage à côté de la plaque et violent. C’est le point commun de presque toutes les personnes que le lecteur va rencontrer. Lorsque le jeune Arvin se retrouve chez sa grand-mère en Ohio, l’espoir qu’il évolue dans un environnement saint et équilibré s’envole en quelques pages. C’est l’Amérique profonde dans ses images et caricatures les plus extrêmes. On croisera des prédicateurs homosexuels, véreux et lubriques, un pasteur pédophile, le couple de Carl et Sandy, qui passe leurs vacances d’étés dans de macabres chasses photographiques et artistiques.

Tous les personnages ont un rapport malsain ou extrême avec la religion ou la mort. Les femmes sont ou se comportent comme des putes, les hommes, des imbéciles crasseux, des alcooliques dépravés, des détraqués violents. Mais ce sont l’alcool, la religion, le sexe et la violence qui sont les personnages secondaires – voire principaux – de ce roman au désespoir profond, mais porté par une écriture captivante, qui décrit les noirceurs abyssales du quotidien avec brio.

On en suffoque parfois, car il ne s’agit pas d’une fable, ni de science-fiction, mais d’un quotidien qui parait extrêmement réel, sans que les descriptions ne paraissent factices ou exagérées, mais au contraire, tellement proches d’un certain monde contemporain, qu’on en reste fasciné, fasciné surtout par cette écriture sans concession, brutale et envoûtante, fasciné par ce lumineux roman noir.

Prix Littéraires Grand Prix de Littérature policière 2012
Meilleur livre de l’année du magazine Lire 2012
Prix Mystère du Meilleur Roman étranger 2013


Les premières lignes du roman Le diable, tout le temps :

En un triste matin de la fin d’un mois d’octobre pluvieux, Arvin Eugene Russell se hâtait derrière son père, Willard, le long d’une pâture dominant un long val rocailleux du nom de Knockemstiff, dans le sud de l’Ohio. Willard était grand et décharné, et Arvin avait du mal à le suivre.

Donald Ray Pollock - Le diable tout le temps - Albin MichelLa présentation Albin Michel du roman Le diable, tout le temps :

Dès les premières lignes, Donald Ray Pollock nous entraîne dans une odyssée inoubliable, dont on ne sort pas indemne.
De l’Ohio à la Virginie Occidentale, de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Williard Russell, rescapé de l’enfer du Pacifique, revient au pays hanté par des visions d’horreur. Lorsque sa femme Charlotte tombe gravement malade, il est prêt à tout pour la sauver, même s’il ne doit rien épargner à son fils Arvin. Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et enlève de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste. Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Théodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.
Toute d’ombre et de lumière, la prose somptueuse de Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages à la fois terrifiants et malgré tout attachants. Le diable tout le temps n’est pas sans rappeler l’univers d’écrivains tels que Flannery O’Connor, Jim Thompson ou Cormac Mc Carthy.

« Voici un livre violent, obsédant, déchirant et vraiment excellent. Une chose est certaine : vous lirez chaque mot, du premier jusqu’au dernier. » The Washington Post

Et aussi, si vous préférez, l’avis en audio :

Donald Ray POLLOCK, Le diable, tout le temps
Traduit de l’américain par Christophe Mercuer
Parution : Mars 2012 – Albin Michel / Janvier 2014 – Livre de poche
Original : 2011, The devil all the time

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(Dernière mise à jour : 06/08/2014)

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