Deux remords de Claude Monet – Michel Bernard

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Quels sont les Deux remords de Claude Monet ? C’est avec finesse que Michel Bernard nous fait découvrir différentes facettes de la vie du peintre, sans entrer dans des détails biographiques soporifiques, mais au contraire, en optant pour des angles de vue lui donnant tout son intérêt.

Cette biographie romancée de Claude Monet (1840 – 1926) n’a en effet rien de classique dans la structure. Elle prend ici le format d’un triptyque, à travers les vies de son ami Frédéric Bazille, de sa femme Camille Doncieux, et des dernières années de la vie du peintre.

Le roman commence d’ailleurs en 1870, l’année de la mort de Frédéric Bazille, qui marquera la fin définitive de l’amitié Bazille, Renoir et Monet. Alors que Bazille s’engage pour se battre lors de la guerre de 1870, Monet préfèrera la fuite en Angleterre. Un petit retour en arrière sera utile pour replacer le moment de la rencontre avec sa femme Camille, qui le suivra ensuite jusqu’à sa mort.

C’est grâce à elle finalement que Monet sortira de l’ombre, avec le tableau La femme à la robe verte qui sera remarqué lors du Salon de 1866. Cette femme, c’est elle, c’est Camille. Il l’épousera quatre années plus tard. Elle partagera les années de misère, comme les années de gloire, de cet artiste qui ne vivait que par la peinture. Derrière le portrait de Claude Monet, on découvre ainsi également le portrait de cette femme qui l’a suivi comme une ombre, qui a fait preuve d’un amour et d’une abnégation sans faille, qui a su l’épauler et le comprendre. Ce portrait de femme discrète sublime celui du peintre.

Le portrait de Claude Monet, s’il n’est pas toujours très flatteur, reste toujours assez doux et tendre, très bienveillant, comme celui d’un admirateur. Les moments de sa vie s’écoule doucement, plus ou moins péniblement selon les époques, mais de manière fluide. L’histoire n’est d’ailleurs pas très rythmée, ni pleine de rebondissements. Elle s’écoule de manière agréablement artistique.

En plus, Michel Bernard ne cherche pas à innover, il se base simplement sur des ouvrages existants comme outils de travail, pour raconter des tranches de vie de ce grand artiste, pour rappeler que Claude Monet était ignoré et vivait dans la pauvreté avant d’être adulé et reconnu par tous. Il insère également à bon escient des illustrations de quelques peintures qui sont évoquées, comme La femme à la robe verte, mais également Le Déjeuner sur l’herbe, Femmes au jardin ou Camille sur son lit de mort.

Alors même si le roman manque parfois un peu de rythme et d’entrain, ce n’est pas grave. L’art n’est pas fait pour la rapidité. La fluidité de la plume de Michel Bernard, sa façon de raconter sans grandes envolées mais avec humanité et naturel la vie d’un grand homme a un charme indéniable. Pour les lecteurs adeptes d’art et de peinture, mais aussi pour tous les autres, adeptes de créativité et de beauté.


Les premières lignes :
(Ou lire un extrait plus long)

Le 6 décembre 1870, jour de la Saint-Nicolas, un homme de haute taille, aux vêtements de bonne coupe, crottés et fatigués, entrait dans Beaune-la-Rolande. La nuit était tombée, il neigeait. Gaston Bazille marchait depuis deux jours.

La présentation des éditions Gallimard :
(Légèrement différente sur le site que la 4e de couverture)

Lorsque Claude Monet, quelques mois avant sa disparition, confirma à l’État le don des Nymphéas, pour qu’ils soient installés à l’Orangerie selon ses indications, il y mit une ultime condition : l’achat un tableau peint soixante ans auparavant, Femmes au jardin, pour qu’il soit exposé au Louvre. À cette exigence et au choix de ce tableau, il ne donna aucun motif. Deux remords de Claude Monet raconte l’histoire d’amour et de mort qui, du flanc méditerranéen des Cévennes au bord de la Manche, de Londres aux Pays-Bas, de l’Île-de-France à la Normandie, entre le siège de Paris en 1870 et la tragédie de la Grande Guerre, hanta le peintre jusqu’au bout.
Michel Bernard.


Michel BERNARD
Deux remords de Claude Monet
La Table Ronde, Août 2016, 224 pages.

22e lecture du challenge 1% de la Rentrée littéraire 2016.

27 réflexions au sujet de « Deux remords de Claude Monet – Michel Bernard »

  1. Ce livre tombe bien avec l’exposition Bazille qui ouvre au Musée d’Orsay ! Par ailleurs, j’ai toujours trouvé très émouvant le portrait de Camille sur son lit de mort. Je pense que ce livre est fait pour moi !

  2. En plus, ça tombe bien, le musée d’Orsay organise une expo Frédéric Bazille en ce moment jusqu’en mars 2017 et Le déjeuner sur l’herbe est visible dans l’expo Chtchoukine à la fondation Louis Vuitton… De quoi illustrer ce très joli roman !

    • Tout à fait ! Et j’ai bien prévu de voir les deux, peut-être même que j’en verrais au moins une ce weekend. Paris regorge vraiment de belles expositions en ce moment :-)

  3. c’est le genre de romans qui me plaisent bien en général. Dans le même genre (mais j’ose penser, encore meilleur), tu as le très bon Les singuliers d’Anne Percin sur Gauguin.

  4. J’en ai parlé à la bibli, qui l’a placé dans ses achats de rentrée. Je pense que le roman va sortir pas mal, je patiente!

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