Derniers verres – Andrew McGahan

Andrew McGahan - Derniers verres - Babel noir

George, un petit journaliste ancien alcoolique, essaye de comprendre la mort de son copain Charlie, qu’il n’avait pas vu depuis des années, retrouvé électrocuté de manière très volontaire. Les démons du passé vont resurgir. Et les Derniers verres aussi.

La dernière fois que Georges avait vu Charlie, c’était quand tout s’était effondré. Tout quoi ? On le découvrira au fil des pages, mais on comprend vite que cet effondrement est basé sur des faits réels, la corruption et pourriture politique du Queensland des années 1980, qui a vraiment existé et fait tomber plusieurs têtes.

Ce livre australien est une excellente surprise.

Il fait partie de ces livres qui se dévorent, qui vous appellent quand on les lâche, qui entrent dans tous les pores de votre peau, sans qu’on réussisse vraiment à déterminer pourquoi.

Peut-être parce que George est un type lambda, avec des failles et des faiblesses, qu’il est très réel, un peu à côté de ses pompes, et qu’on a envie, comme lui, de découvrir ce qui est arrivé à Charlie.

Aussi parce que le contexte de cette histoire de corruption généralisée des années 1980 en Australie, qui ne fait jamais sentir qu’il s’agit de politique – et qui n’est jamais ennuyeuse – est un sujet nouveau, intéressant et bien traité.

Et puis, se mêlent au milieu de tout cela des histoires de coeur, d’amitié, de loyauté, de souvenirs, de déchéances, d’espoir, bref un cocktail fabuleux, qui ne ménage pas le suspens, mais sans ostentation, toujours très naturellement, et sans aucun artifice.

Ce livre a aussi le mérite de parler de personnes qui boivent, beaucoup – ce qui m’inquiétait un peu au début, craignant le livre de poivrots … Alcool à flot, argent en pagaille, soirées et excès, oui, lourdeur et vulgarité, jamais, mais une grande finesse au contraire, et une belle écriture.

Un grand merci à Natalie qui m’a offert ce livre, que j’ai adoré !

Les premières lignes de Derniers verres :

Le téléphone, donc. Qui sonne et sonne sans s’arrêter. Je dormais. Perçant la tiédeur et les rêves, la sonnerie s’accrochait à moi, me réveillait. J’ai levé la tête sans bien savoir où j’étais, ni quel jour – pendant un moment, je me suis retrouvé dans tous les matins de gueule de bois de mon passé.

La présentation d’Actes Sud (ou lien direct site) :

A l’écart de Brisbane, en Australie, George, alcoolique repenti, mène une vie tranquille, mais son passé est trouble. Son nom fut associé dix ans plus tôt à un scandale qui bouscula la politique de l’Etat du Queensland. Des politiciens véreux, des policiers, des patrons de restaurants, un bon nombre de pourris maniant la corruption, la licence trafiquée, l’alcool et la prostitution y ont laissé des plumes.
Coup de téléphone dans la nuit, un crime vient d’être commis à proximité du village. Le mort s’appelle Charlie. A la grande époque où l’alcool coulait à flots, George était son ami, son associé et l’amant de sa femme. Descendu à Brisbane pour l’incinération de Charlie, George ne reconnaît plus la ville. Partout des bars, des terrasses de cafés, l’ère prohibitionniste est révolue. Pisté par les inspecteurs chargés de l’enquête, George va retrouver les protagonistes de son passé. Jeremy, le notable, est invalide mais séduit encore les femmes en les poussant à boire, Marvin, le ministre qui couvrait les affaires, a l’air d’un homme traqué, Lindsay, supposé en cavale, est peut-être resté planqué…
Sans jamais relâcher la tension dans le récit, l’auteur livre le portrait sans concession d’une société hypocrite et le parcours tragique d’un homme hésitant entre raison et chant des sirènes.

Le mélange des genreschallenge-un-pave-par-moisAndrew MCGAHAN, Derniers verres
Traduit de l’anglais (Australie) par Pierre Furlan
Actes Sud, janvier 2007
Babel noir, juin 2008, 536 pages
VO : 2000, Last Drinks

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(Dernière mise à jour : 16/12/2014)

8 réflexions au sujet de « Derniers verres – Andrew McGahan »

    • C’est quand même super de se laisser emporter par un livre, qu’on ne veut plus lâcher : c’est une sensation que j’adore !

  1. Je ne connaissais pas du tout et franchement si je l’avais croisé en librairie, il n’aurait pas retenu mon attention, maintenant je me dis que s’il est à la médiathèque, je l’emprunterai peut-être !

    • Je t’avoue que si ce livre n’avait pas été un cadeau, je ne l’aurais pas lu … et je l’ai bêtement laissé attendre ; je crois que c’est le premier livre aussi intéressant « sur l’alcool », sans le côté « lourd » de l’ivresse et de la grossièreté qui va (souvent) avec. Vraiment, j’ai été enchantée :-)

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