Le dernier gardien d’Ellis Island – Gaëlle Josse

Gaëlle Josse - Le dernier gardien d'Ellis Island - Noir sur Blanc Notabilia

New York, Ellis Island, la fameuse île de passage des étrangers venus chercher le rêve américain de 1892 à 1954 va bientôt fermer ses portes. Nous sommes en Novembre 1954. John Mitchell, directeur, est l’un des derniers à partir. Il se souvient des 40 années passées depuis son arrivée comme gardien.

Son départ est dans 9 jours. Il éprouve désormais le besoin de noircir par écrit des pages, avant de tourner la dernière. Il raconte la rencontre avec sa femme Liz, mais surtout son attirance pour Nella Casirini, la belle italienne, qu’il dit aimer.

Le très bon choix du thème du livre donnait la possibilité de traiter le sujet d’Ellis Island de plusieurs manières. Celui choisi par Gaëlle Josse ne m’a pas convaincu. Je n’ai pas aimé le personnage du narrateur, ne me suis pas attachée à son histoire, dont certains aspects m’ont paru assez vains et pathétiques.

En fait, l’histoire individuelle de John et de Nella a pour moi pris trop de place par rapport à l’histoire collective. L’intérêt de cet amour unilatéral m’a laissé perplexe et m’a paru fade par rapport à la réalité des destins se jouant à Ellis Island. Au lieu de permettre une mise en contraste, ce pauvre amour raté et cet auto apitoiement déplacé de John Mitchell a surtout accentué mon désintérêt pour le narrateur et partant, un peu pour le livre lui-même.

Je m’attendais à un livre moins axé sur ces deux personnages – même si d’autres sont évoqués – et plus sur le fonctionnement même d’Ellis Island, un livre plus documenté, plus historique et plus profond sur le thème de l’exil et ses conséquences psychologiques, tant pour le personnel de Ellis Island que pour les migrants . Il existe bien des passages explicatifs, mais j’ai eu l’impression que le côté historique restait très scolaire et finalement assez superficiel.

Bref, je suis restée extérieure et suis passée à côté de ce livre.

Pour en savoir plus, il existe un blog dédié au livre, avec notamment des vidéos et des illustrations poignantes.

Presque tous les avis sur ce livre sont très enthousiastes, comme par exemple ceux de Canel, Eimelle, Asphodèle, Clara, Séverine, Sylire, Jostein, Cryssilda, Eva et Sandrine, parmi de nombreux autres.

Prix Littéraires
Finaliste du Prix des libraires 2015

Les premières lignes :

C’est par la mer que tout est arrivé. Par la mer, avec ces deux bateaux qui ont un jour accosté ici. Pour moi ils ne sont jamais repartis, c’est le vif de ma chair et de mon âme qu’ils ont éperonné avec leurs ancres et leurs grappins.

La présentation des éditions Noir sur Blanc (collection Notabilia) :
(lien direct site Noir sur Blanc)

New York, 3 novembre 1954. Dans quelques jours, le centre d’immigration d’Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, reste seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l’épouse aimée, et Nella, l’immigrante sarde porteuse d’un très étrange passé. Un moment de vérité où il fait l’expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d’évènements tragiques. Même s’il sait que l’homme n’est pas maître de son destin, il tente d’en saisir le sens jusqu’au vertige.
À travers ce récit résonne une histoire d’exil, de transgression, de passion amoureuse, et de complexité d’un homme face à ses choix les plus terribles.

Gaëlle JOSSE
Le dernier gardien d’Ellis Island
Noir sur Blanc, Septembre 2014, 176 pages

Plan ORSEC 2015Challenge RL 2014

22 réflexions au sujet de « Le dernier gardien d’Ellis Island – Gaëlle Josse »

  1. Lors de ma lecture du précédent roman de l’auteur, Les heures silencieuses, j’avais aussi eu ce sentiment de vide et de superficialité. Je reconnaissais une jolie plume mais à part cela… J’hésitais à lire ce titre car le sujet m’intéressais beaucoup, mais en espérant qu’il soit centré sur l’île et l’arrivée des migrants.

    • Le sujet reste centré sur l’ile et les migrants, mais pas de façon globale, à travers le prisme du regard et des souvenirs du gardien. Certaines rencontres sont mises en avant, mais je crains que tu ne retrouves le même sentiment de superficialité. Moi qui pensais essayer les heures silencieuses … tu ajoutes le sentiment de vide, ce que je n’aime pas du tout dans une lecture.

  2. Il est dans ma pile de livres à chroniquer, qui manifeste un certain retard ! Mais je suis ravie parce que tu dis tout à fait ce que j’en pense et que je peinais à exprimer ! Il me semblait bien que Valérie non plus n’avait pas été emballée…

  3. C’est un bon exemple de ces livres que toute la blogo semble adorer, et dont on peut se sentir dégoûtée avant même de l’avoir ouvert … Cela se produit régulièrement , quelques titres tous les ans  » subissent » ainsi un concert de louanges qui se révèle au final presque démobilisant pour ceux qui arrivent en retard … Je précise que je n’ai rien contre Gaëlle Josse ! Évidemment …

    • Pour moi, je crois que c’est la première fois. C’est vrai que j’avais envie de l’aimer ce livre. Je ne m’avoue pas vaincue, j’en lirai un autre, je pense vers les heures silencieuses d’ailleurs

  4. Beaucoup vu sur les blogs… J’avais déjà lu un Gaëlle Josse dont tout le monde raffolait « Le sheures silencieuses » et j’étais aussi passée à côté, depuis je n’essaie plus…

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