Délivrance – James Dickey

James DICKEY - Délivrance - Gallmeister

Le 19 janvier 1997 disparaissait James Dickey, auteur du livre Délivrance. Annoncer « Délivrance de James Dickey » n’éclaire généralement pas grand monde. En revanche, dire livre origine du film culte « Délivrance de John Boorman », tout de suite, les yeux s’agrandissent d’effroi, de sourire, des mots « Génial, magistral, terrible, sublime ! »

Aujourd’hui, 20 ans plus tard, c’est donc le jour idéal pour parler de ce livre, publié en anglais en 1970, puis en France en 1971 et réédité avec une nouvelle traduction par les éditions Gallmeister.

Quatre copains décident de passer un week-end ensemble au grand air et de descendre la rivière de la Cahulawasse en canoë. Il y aura Drew et sa guitare, Lewis et son arc, Bobby et son alcool et Ed le narrateur. Pendant les préparations, l’un d’entre eux balance en plaisantant : « on la joue façon survie post-atomique ». Il ne pensait pas si bien dire. C’est l’automne, ils ont prévu de partir le vendredi 14 septembre et de rentrer le dimanche midi. Ils n’avaient pas prévu de passer un weekend de tension et de peur.

Dès la journée passée à rejoindre la rivière, les premières rencontres sont loin d’être sereines et rassurantes. Avec leur canoë, ils commencent la descente avec le poids du « matériel et de l’incertitude« .

Une sortie entre potes qui dérape,
Une sortie entre potes qui s’embourbe,
Une sortie entre potes qui devient un cauchemar.

Ce roman se lit d’une traite. L’intensité dramatique n’est pas présente immédiatement, mais elle s’installe tout doucement pour ne plus cesser. Le style est fluide et prenant, comme dans les meilleurs romans d’aventures. Les caractères des copains se révèlent face aux difficultés (et le mot est faible …) rencontrées, les réactions s’exacerbent, les différences aussi et la noirceur s’installe.

A chaque page, chaque ligne, les images du film de Boorman remontaient à ma mémoire. J’y étais de nouveau, je retrouvais exactement la trame narrative du film. Est-ce qu’un lecteur qui n’aurait pas vu le film ressentirait la même chose ? C’est une question à laquelle je ne peux pas répondre, tout étant revenu de façon tellement nette dans ma mémoire, en particulier la scène de la forêt ou celle de la paroi rocheuse (ceux qui connaissent verront de quoi je parle). L’inconvénient de revoir le film à la lecture du livre est cependant l’absence de surprise et probablement une atténuation légère du côté dramatique de la lecture, les événements et la fin étant connus, mais cela n’enlève rien à la qualité du roman.

Alors si vous aimez les livres d’aventure, le côté dark de l’humain, la lecture en tension dans un pur style Nature Writting, tourner les pages dans un souffle à la limite de l’horreur et de l’attente, jetez vous sur le livre, et bien sûr, découvrez le film.

Prix Littéraires : Prix Médicis étranger 1971

Adaptation ciné :

Qui n’a jamais vu ou entendu parler de Délivrance, le magnifique film culte de John Boorman (1972) ? C’est une adaptation très fidèle du livre. A noter que James Dickey apparait brièvement à la fin, tenant le rôle du policier. Le film a été nominé pour l’oscar du meilleur film en 1973.


James DICKEYJames Dickey est né en 1923 à Atlanta. À dix-neuf ans, il s’engage dans l’armée de l’air et sera pilote de chasse pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée. À son retour, il travaille dans la publicité (notamment pour Coca-Cola) par besoin financier, écrivant la nuit. En 1962, il publie son premier recueil de poèmes, en 1965 obtient le National Book Award pour son recueil Buckdancer’s Choice. Puis, il devient professeur à l’université de Caroline du Sud à Columbia, avant de publier en 1970 Délivrance. L’adaptation de son roman par Boorman lui assurera une renommée internationale. Il meurt à Columbia le 19 janvier 1997 après avoir souffert pendant plusieurs années d’une fibrose des poumons et d’alcoolisme. (Source : Gallmeister)


Les premières lignes de Délivrance :
(Lire un extrait plus long)

Elle se déroula lentement, réticente à montrer ses couleurs, s’enroulant d’un coup sec dès que l’un d’entre nous flanchait. La région entière demeura sous tension jusqu’à ce que nous ayons posé nos quatre chopes sur ses quatre coins et permis à la rivière de dévaler sous nos yeux les montagnes qui se dressaient à deux cent cinquante kilomètres au nord.

La présentation des éditions Gallmeister :

Avant que la rivière reliant la petite ville d’Oree à celle d’Aintry ne disparaisse sous un immense lac artificiel, quatre trentenaires décident de s’offrir une virée en canoë pour tromper l’ennui de leur vie citadine. Gagnés par l’enthousiasme du charismatique Lewis, et bien que peu expérimentés, Bobby, Ed et Drew se laissent emporter au gré du courant et des rapides, au cœur des paysages somptueux de Géorgie. Mais la nature sauvage est un cadre où la bestialité des hommes se réveille. Une mauvaise rencontre et l’expédition se transforme en cauchemar : les quatre amis comprennent vite qu’ils ont pénétré dans un monde où les lois n’ont pas cours. Dès lors, une seule règle demeure : survivre.


James DICKEY (1923 – 1997)
Délivrance
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jacques Mailhos
Gallmeister, mai 2013, 284 pages.
Gallmeister Totem, mai 2015, 320 pages.
1ère traduction française : 1971 Flammarion / 1974 J’ai Lu,
VO : 1970, Deliverance

14 réflexions au sujet de « Délivrance – James Dickey »

  1. je n’ai jamais vu ce film ( d’ailleurs je pense n’en avoir jamais entendu parler, mais je suis nulle en « vieux films »…) du coup le roman et ce que tu en dis me tente bien…

  2. vu le film à un âge très jeune, choquée puis je suis allée là-bas, et je me souviens d’un ami qui avait un banjo et jouait cette musique …. ambiance garantie !

  3. C’est un des rares films que je n’ai pas voulu revoir une seconde fois, tellement il m’avait traumatisée ! C’était il y a longtemps, je pourrais lire le roman maintenant.

    • J’ai été traumatisée aussi par le film, et je m’en suis bien rendue compte à la lecture du livre. Avec surprise, les scènes sont réapparues de manière extrêmement précise.

  4. Je n’ai jamais lu cet auteur. Je n’ai jamais vu le film Délivrance de John Boorman. J’aime le côté « dark » de l’humain et la lecture en tension. Donc, je suis …….je suis……………….celle qui va succomber à l’appel de ce roman.

    • merci Virginie, c’est exactement ce que je voulais savoir, l’impression ressentie quand on n’a pas vu le film. Je ne suis pas étonnée que tu aies ressenti une grande tension narrative ! Je te recommande grandement, grandement le film.

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