Impurs – David Vann

VANN David Impurs

Dès les premières lignes, les premières pages, David Vann nous plonge dans l’ambiance dénaturée de son histoire. On saura que Galen a 22 ans, qu’il est maigre et qu’il vit seul avec sa mère, dans une ancienne maison perdue au milieu de la nature.

Il ne va pas à l’Université, ses journées rituelles se répètent : tasse de thé, visite à sa grand-mère, solitude, questionnement sur la sexualité, difficulté de communication avec sa mère.

Très vite, le lecteur s’aperçoit que Galen est particulier, qu’il n’est pas totalement adapté à la vie qu’il mène, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs. Seuls deux autres personnages seront présents dans ce huit clos à ciel ouvert, la tante et la cousine de Galen, et cette vie en pleine nature, apparait alors très vite étouffante et sclérosante.

Une nouvelle fois, David Vann nous plonge dans une histoire familiale torturée, comme il l’avait déjà fait avec le sublime Sukkwan Island et avec Désolations.

Le lecteur retrouvera la violence insidieuse, la haine latente, l’horreur inavouable, l’ambiance devient vite malsaine, les relations dérapent, les phrases prennent aux tripes, les mots gangrènent. On est plongé dans cette ambiance glaçante, entre régal et répulsion, hésitant entre tourner les pages, et s’éloigner de cet enfer et de cet air impurs.

C’est diablement efficace. Franchement, un grand bravo à David Vann qui devient avec ce troisième roman, un écrivain qui impose clairement son style particulier avec brio. Même si Sukkwan Island domine un brin au dessus, Impurs reste un livre tout à fait exceptionnel, comme l’était également Désolations.

Si vous hésitez, les premières lignes d’Impurs :

Galen attendait sa mère son le figuier. Il lisait Siddhartha pour la centième fois, le jeune bouddha contemplant la rivière. Il sentait l’énorme présence du figuier au-dessus de lui, écoutait le non-vent, le calme.

Si vous hésitez encore, la présentation de l’éditeur Gallmeister :

Été 1985. Dans la vieille demeure familiale, en plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen vit seul avec sa mère. Tandis que celle-ci s’attache à faire revivre un passé idéalisé et l’étouffe d’un amour oppressant, le jeune homme tente de trouver refuge dans la méditation. Son existence et celle de sa mère sont rythmées par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire défaille. Mais l’accumulation de rancœurs entre les deux sœurs et l’obsession de Galen pour sa cousine ne tarderont pas à les mener au bord de l’explosion. Une fois que la noirceur de chacun se sera révélée au grand jour, rien ne pourra plus les préserver du pire.

David VANN, Impurs
Traduit de l’américain par Laura Derajinski
Parution : Mars 2013 – Gallmeister

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