Dans une coque de noix – Ian McEwan

Ian McEwan - Dans une coque de noix - Gallimard

Pour être original, aucun doute, Dans une coque de noix est très original ! Le narrateur est un foetus, planqué bien au chaud pendant encore un mois, qui voit et comprend tout ce qui se passe, mais ne peut rien faire.

Bien sûr, ce n’est pas un foetus comme les autres. Il est surdoué, philosophe, ultra-cultivé, possède un vocabulaire hautement littéraire et une capacité d’analyse extrême. Il n’est dupe ni du comportement étrange de sa mère, ni des dons de son raté de poète de père, ou juste un petit peu …

A vouloir qualifier ce roman, on pourrait hésiter entre le roman noir, la comédie dramatique, le loufoque voire le vaudeville. Mais il manque l’amant me direz vous ! Non, non, il est bien là, mais je n’en dirais pas plus, si ce n’est qu’Ian McEwan s’est librement inspiré de Shakespeare pour écrire ce roman inattendu et qu’il s’agit d’une adaptation contemporaine de Hamlet. C’est en dire déjà beaucoup trop.

Est-ce que le roman est pour autant totalement convaincant ? Ca se discute … Il faut probablement être plus adepte de l’humour à la sauce british que je ne le suis. Si j’ai apprécié le côté décalé, l’inventivité et l’imagination autour de ce foetus narrateur, c’est surtout la plume de l’auteur qui m’a plu, plus que l’histoire elle-même.

Ian McEwan a écrit d’autres fictions plus prenantes que celle-ci. J’avais été vraiment enchantée par L’intérêt de l’enfant, je le suis moins avec Dans une coque de noix. Cela n’empêche pas Ian McEwan d’être talentueux, même si je n’y ai pas entièrement cru, même si le procédé du foetus narrateur m’a un peu ennuyée à la longue, même si vers la fin, au lieu d’être happée par le suspens, je me suis même légèrement ennuyée (oups…).

Alors oui pour le style et l’originalité, oui pour les inconditionnels de Shakespeare qui souhaitent découvrir Hamlet en version comédie, et oui oui oui pour le style d’Ian McEwan.


Les premières lignes :
(Lire un extrait plus long)

Me voici donc, la tête en bas dans une femme. Les bras patiemment croisés, attendant, attendant et me demandant à l’intérieur de qui je suis, dans quoi je suis embarqué.

La présentation des éditions Gallimard :

«À l’étroit dans le ventre de ma mère, alors qu’il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J’entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l’aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j’apprends que Claude n’est autre que mon oncle : le frère de mon père. Un crime passionnel doublé d’un fratricide qui me fera peut-être voir le jour en prison, orphelin pour toujours! Je dois les en empêcher.»

Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre du XXIe siècle… Après L’intérêt de l’enfant, Ian McEwan n’en finit pas de surprendre et compose ici, dans un bref roman à l’intensité remarquable, une brillante réécriture d’Hamlet in utero.


Ian McEWAN
Dans une coque de noix
Traduit de l’anglais par France Camus-Pichon
Gallimard, avril 2017, 228 pages.
VO : 2016, Nutshell

4 réflexions au sujet de « Dans une coque de noix – Ian McEwan »

  1. C’est un livre que je ne lirai probablement pas, je ne sais pas pourquoi parce que normalement j’aime beaucoup l’originalité mais j’aurai peine à croire tout ce qui est raconté dans ce livre.

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