Dans les rapides – Maylis de Kérangal

Maylis de Kerangal - Dans les rapides - Naive

On avait tellement envie d’adorer Dans les rapides de Maylis de Kérangal, que la déception résulte probablement d’une attente un peu trop grande …

Avec ce livre, on retourne dans le milieu des années 70, des années adolescentes de trois jeunes filles havraises, qui découvrent les premières amours, la musique, le rock, qui tentent de s’affranchir et de passer le cap des quinze ou seize ans.

On a vraiment l’impression, derrière le trio de copines Marie, Lise et Nina, de lire une histoire de copines de Maylis de Kérangal elle-même – qui a grandit au Havre (se cacherait-elle derrière Marie ?).

A cette époque, quand on est jeune, on aime le rock, signe de reconnaissance et de ralliement. Blondie et Kate Bush sont les modèles et la référence. Ce livre raconte une époque, une jeunesse, avec ses aspirations, partir à New York, tomber amoureuse, aller en soirée, découvrir, aimer et vivre par et pour la musique.

Les titres de tous les chapitres sont des titres de chansons, notamment celles de l’album Parallel Lines de Blondie (et du fabuleux Heart of Glass bien sûr), et de l’album The Kick Inside de Kate Bush (avec notamment Wutherings Heights).

On n’a pas vraiment réussi à s’intéresser à ces histoires d’adolescentes, centrées autour de la musique, qui ne parlent presque que de musique … Il faut probablement être plus passionné de musique, car le livre déborde de références musicales ; en même temps, c’est un livre sur la musique, c’est donc normal.

Et puis, le parti pris d’un style sec, haché (rythmé peut-être ?) avec de nombreuses phrases sans verbe, ne nous a pas convenu, et on n’a pas réussi à se mettre au diapason de Maylis de Kérangal et à suivre le rythme de son livre … (on s’en voudrait presque !).

Pour un avis plus positif, et pour écouter la musique citée par Maylis de Kérangal, allez faire un tour chez Coralie, qui le recommande « avec grand enthousiasme ».

On préfère vous recommander Réparer les vivants, si par hasard vous ne l’aviez pas encore lu !

Les premières lignes du roman Dans les rapides :

Au moment où commence cette histoire – car il y a toujours un commencement, un et un seul, même si ramifié dans l’écheveau poreux des multiples, même si infiniment petit dans la broussaille du temps, il y a toujours l’instant cutter qui se détache et déchire le réel schlak !

La présentation par l’éditeur Naïve (4e de couverture) :

De ce côté-ci, on dit que c’est sombre et chatoyant […]. Une mythologie gonflée de bière qui reconduit la toute-puissance virile des jeunes mâles et encolle nos doigts tel un sparadrap indifférent aux secousses. Ce n’est pas la petite maison dans la prairie, pas un endroit pour fifilles, on est prévenues, on en rigole. A l’automne 1978, nous pénétrons la terre rock via le canyon Blondie avec la fébrilité naïve d’un orpailleur tamisant les rapides. Quinze ans ai-je dit, bientôt seize, il est temps.

Le Havre, 1978. Elles sont trois amies : Lise, Nina et Marie, la narratrice. Lycée, garçons, aviron, la vie quotidienne. Un dimanche de pluie, elles font du stop, et dans la R16 surgit la voix de Debbie Harry, chanteuse de Blondie. Debbie, blonde, joueuse, sexy, Debbie qui s’impose aux garçons de son groupe, Debbie qui va devenir leur modèle. Jusqu’au jour où Nina découvre l’amour et la voix cristalline de Kate Bush qui, d’un coup de pied romantique et pop, vient fissurer le trio jusqu’ici soudé comme un roc.

Maylis de Kérangal, Dans les rapides
Parution : Janvier 2007 – Naïve

6 réflexions sur « Dans les rapides – Maylis de Kérangal »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *