Dans la luge d’Arthur Schopenhauer – Yasmina Reza

Reza - Dans la luge d'Arthur Schopenhauer - Poche

Entre confessions et réflexions personnelles, quatre protagonistes vont s’adresser à l’un, puis à l’autre, la femme, Nadia Chipman, son mari, Ariel Chipman, l’ami, Serge Othon Weil, et la psychiatre.

Nadine Chipman commencera à s’adresser à Serge Othon Weil pour lui raconter la façon dont son mari, spécialiste de Spinoza, pèle les oranges, avant de confesser que « la vie conjugale nous a tués, comme elle tue tout le monde ». Le lecteur ne trouvera pas ici une histoire, avec une narration classique, mais plutôt des successions de pensées, des grappes de réflexions personnelles, en huit tableaux distincts.

Ce livre laisse une sensation particulière. D’un côté, sa lecture est plaisante, et pourtant, à la dernière page, une interrogation surgit : que vient-on en réalité de lire ? Une impression d’étrangeté s’est imposée, d’irréel un peu, alors pourtant que ce petit livre n’a rien de fantastique ou de surnaturel. Au contraire, il est bien ancré dans le présent. Dans la luge d’Arthur Schopenhauer se faufile pour trouver une place, entre roman, essai et pièce de théâtre.

Pièce de théâtre au final, car Dans la luge d’Arthur Schopenhauer a été adapté au théâtre par Yasmina Reza, et joué notamment au Théâtre Ouvert à Paris, en 2006.

Reza - Dans la luge d'Arthur Schopenhauer - Albin MichelSi vous hésitez, les premières lignes de Dans la luge d’Arthur Schopenhaueur :

« Mon mari avait l’habitude de peler les oranges avec les mains, avec certains types d’orange ça peut se concevoir, lorsque la peau est épaisse et se détache facilement, en revanche lorsque la peau est fine et adhérente aux quartiers, comme c’est le cas de la plupart des oranges, en tout cas des plus juteuses, donc des meilleures, personnellement je m’efforce toujours d’acheter ce genre d’orange, l’attaque de la peau à mains nues est une aberration … »

Si vous hésitez encore, la présentation Editeur de Dans la luge d’Arthur Schopenhaueur :

« Le maître de mon mari a étranglé sa femme, lui se contente de laisser sa main choir au bout de l’accoudoir, de façon lamentable et flétrie. Mon mari n’a pas de radicalité. C’est un disciple. La génération de mon mari a été écrasée par les maîtres. »

Yasmina REZA, Dans la luge d’Arthur Schopenhaueur
Parution : Septembre 2005 – Albin Michel

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