Cry father – Benjamin Whitmer

Benjamin Whitmer - Cry father - Gallmeister Néonoir

Cry father, c’est Patterson qui a perdu son fils et qui se perd lui-même, mais ça pourrait aussi être son pote Henry, dont le fils Junior est devenu une petite frappe violent, drogué et dealer. Pour Benjamin Whitmer, les deux pères ont, d’une manière différente, perdu leur fils.

Ca commence quand Patterson débarque chez Chase, totalement défoncé à la crystal meth, qui a cogné et ligoté dans la baignoire sa « pute » Mel. Patterson la délivre, sort son colt .45 pour sortir vivant du taudis de Chase. Les copains de Patterson ne sont pas de tout repos. Le ton est donné.

Son ami Henry, lui, est bourré ou défoncé toute la journée, ressemble à une loque humaine, et tente tant bien que mal de gérer son fils Junior. Celui-là et Patterson vont devenir « potes » dans des conditions que je vous laisse découvrir, mais qui vont entraîner Patterson dans un engrenage dans lequel il aura du mal à sortir, et c’est le moins qu’on puisse dire.

Ce qui est particulièrement bien réussi dans ce roman, c’est la construction qui alterne les faits et gestes de Patterson, qui se met de plus en plus à boire, à se droguer, et à sortir son flingue un peu n’importe quand, et les lettres qu’il écrit à son fils Justin. Justin est mort d’un mauvais traitement médical. Patterson ne s’en remet pas, pense souvent à lui, lui parle silencieusement, lui écrit régulièrement, c’est son secret, sa soupape de sécurité, sa bouffée d’air (et la notre), le côté humain du personnage qui sombre de plus en plus dans les noires profondeurs de l’Amérique des délaissés, des drogués, des paumés.

Ce parallèle est le bienvenu, car il donne de l’humanité à cet homme brisé par sa vie, par son quotidien, par ses relations nuisibles, par les emmerdes des autres, les coups, les blessures, les meurtres. L’Amérique de Benjamin Whitmer ne laisse pas beaucoup de portes de sortie, et vu le cloaque dans lequel Patterson sombre, inutile de vous dire que l’espoir n’est pas de mise, et qu’il vaut mieux être prévenu avec d’entrer dans cet univers désespéré.

Cry Father est un livre de la collection néonoir de Gallmeister, et c’est d’ailleurs le même auteur, qui avait inauguré la collection avec Pike.

L’avis de Jérôme.


Les premières lignes :
(ou lire un extrait plus long)

Patterson Wells pousse la porte d’entrée et trouve Chase au travail devant un tas de crystal meth gros comme son crâne réduit.
— Assieds-toi, fils de pute, dit Chase, accroupi, perché comme un oiseau sur le canapé, les yeux fumants comme s’il s’était injecté cette merde directement dans les conduits lacrymaux.

La présentation des éditions Gallmeister :

Depuis qu’il a perdu son fils, Patterson Wells parcourt les zones sinistrées de l’Amérique pour en déblayer les décombres. Le reste du temps, il se réfugie dans sa cabane perdue près de Denver. Là, il boit et tente d’oublier le poids des souvenirs ou la bagarre de la veille dans un bar. Mais ses rêves de sérénité vont se volatiliser lorsqu’il fera la rencontre du fils de son meilleur ami, Junior, un dealer avec un penchant certain pour la bagarre. Les deux hommes vont se prendre d’amitié l’un pour l’autre et être peu à peu entraînés dans une spirale de violence.


Benjamin WHITMER
Cry father
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jacques Mailhos
Gallmeister, Mars 2015, 320 p.

4 réflexions au sujet de « Cry father – Benjamin Whitmer »

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