La Contrebasse – Patrick Süskind

Patrick Suskind - La contrebasse - Livre de poche

La Contrebasse est un monologue théâtral, qui réjouira les amateurs de musique bien sûr, mais tous les autres aussi. Pas besoin d’avoir de grandes connaissances musicales pour suivre. Pour tous, le ton est enlevé, drôle et léger. Vraiment c’est une belle découverte.

Le narrateur est un musicien de 35 ans, un passionné, un virtuose – un buveur de bières aussi – qui va s’adresser à un interlocuteur inconnu, le public, vous, nous, pour partager ses pensées, ses agacements et ses tocs de passionné.

Parce que nous, pauvres lecteurs non contrebassistes, avons-nous bien compris le rôle essentiel de la contrebasse dans un orchestre ? Pôvre de nous, bien sûr que non ! Sachez le, « la contrebasse, est le centre de l’orchestre ».

On partagera d’autres grandes pensées et souvenirs savoureux, de l’insupportable voisine qui se manifeste dès que la musique est trop forte, à la naissance d’une vocation par haine paternelle, et quand même, au point quasi essentiel aussi : Mozart. Tout le monde parle de Mozart, Mozart, mais pourquoi. Vous comprendrez désormais pourquoi « Mozart est très surestimé » (eh bien si).

Cette pièce est un petit régal, qui doit être absolument superbe avec la bande son – car plusieurs morceaux sont invoqués – et derrière un titre qui n’est pas très attirant au premier abord, les propos du texte le sont eux carrément. Amies musiciennes, peu de féminisme dans ce texte (même si la femme est présente) : « il faut dire que la femme, dans la musique, joue un rôle subalterne ».

Le texte est rédigé de manière à entrer immédiatement dans la pièce, ce qui n’est pas évident avec un monologue. Pourtant, on a vraiment l’impression ici d’être l’interlocuteur, de se retrouver face à un ami, qui craque un peu, qui déblatère en passant d’un sujet à l’autre, et qui se lâche totalement.

On est bien loin de la tonalité du fameux roman Le Parfum, c’est très différent mais tout aussi réussi, plein d’humour et vraiment très réjouissant.

Les premières lignes :

Une chambre. Quelqu’un passe un disque, la Deuxième Symphonie de Brahms, et la fredonne en même temps. Bruits de pas qui s’éloignent et reviennent. Ce quelqu’un ouvre une bouteille et se verse de la bière.

Attendez …ca va y être … Là ! Vous entendez ça ? Là ! Maintenant ! Vous entendez ? Ca va revenir une seconde fois, le même passage, attendez.
Là ! Là, vous entendez ? Je veux parler des basses. Des contrebasses …

La présentation par les éditions Livre de Poche :

La contrebasse est l’instrument le plus gros, le plus puissant et le plus indispensable de l’orchestre, le plus beau aussi, dit d’abord le contrebassiste. Mais bientôt l’éloge pompeux laisse affleurer les frustrations et les rancœurs du musicien et de l’homme. Et peu à peu la haine d’abord refoulée de cette encombrante compagne s’exprime, se déchaîne et explose jusqu’à la folie…
Un monologue tragique et drôle, par l’auteur du Parfum.

Challenge petit bac 2015Challenge theatre logoPatrick SÜSKIND
La Contrebasse
Traduit de l’allemand par Bernard Lortholary
Livre de Poche, septembre 1992, 96 pages
VO : 1981, Der Kontrabass

8 réflexions au sujet de « La Contrebasse – Patrick Süskind »

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