Le Chef-d’oeuvre inconnu – Honoré de Balzac

Honoré de Balzac - Le Chef d'oeuvre inconnu - Folio

Le Chef d’oeuvre inconnu est une toute petite nouvelle de Balzac, qui met en scène trois artistes, le vieux Frenhofer, Porbus et Nicolas Poussin. La morale de cette histoire pourrait faire parler pendant des heures !

Un jeune artiste, qui s’appelle Nicolas Poussin, se rend en visite chez un ami peintre François Porbus. Il rencontre un vieillard, qui observe et critique le tableau de Porbus, Marie l’Egyptienne en s’exclamant que « la mission de l’art n’est pas de copier la nature, mais de l’exprimer !« , et souhaite y apporter quelques touches.

Ce vieillard, Frenhofer, qui fascinent les deux artistes, explique qu’il travaille depuis dix ans à un tableau, le plus beau tableau que personne n’a jamais vu et qui représente sa muse Catherine Lescault. Intrigué, Poussin demande à son amie et modèle Gillette de devenir une seule fois le modèle de Frenhofer, condition pour que le chef-d’oeuvre inconnu de la représentation de Catherine puisse être montré aux regards.

Si Nicolas Poussin (1594-1665) et François II Pourbus, dit le jeune (v.1569-1622) ont bien existé, Frenhofer n’est qu’un personnage de fiction, et de nombreux experts ont tenté de découvrir de quel artiste il s’agissait : les hypothèses sont nombreuses.

Quoiqu’il en soit, entre débat sur ce qui deviendra la fameuse querelle sur le dessin et la couleur, réflexions générales sur l’art, remarques sur ce qu’il faut représenter, la nature ou la réalité, s’il faut peindre sur modèle ou non, on croise en quelques mots les grands débats sur l’art et sur la peinture.

Mais surtout, on s’interroge sur ce qu’est un Chef-d’oeuvre, le regard de l’un n’est pas le regard de l’autre. Et puis, faut-il retoucher une oeuvre, sans arrêt, au risque de l’altérer ? Balzac en tout cas, a modifié à plusieurs reprises cette nouvelle, parue pour la première fois en 1831 dans la revue L’Artiste, et qui deviendra « Gillette » dans sa dernière version de 1847.

♡♡ Un grand classique de l’histoire de l’art et du roman de l’artiste. Je vous en présenterai d’autres prochainement, mais d’ici là, je vous recommande de découvrir celui-là !

FilmA noter que cette nouvelle a été adaptée à l’écran par Jacques Rivette en 1991, sous le titre « La Belle Noiseuse », avec Emmanuelle Béart (Marianne) et Michel Piccoli (Frenhofer).

Grand Prix du Jury de Cannes 1991.

Les premières lignes :

Vers la fin de l’année 1612, par une froide matinée de décembre, un jeune homme dont le vêtement était de très mince apparence se promenait devant la porte d’une maison située rue des Grands-Augustinsn à Paris.

La présentation de la 4e de couverture par les éditions Folio :

« »Ah! ah! s’écria-t-il, vous ne vous attendiez pas à tant de perfection! Vous êtes devant une femme et vous cherchez un tableau. Il y a tant de profondeur sur cette toile, l’air y est si vrai, que vous ne pouvez plus le distinguer de l’air qui nous environne. Où est l’art? perdu, disparu! Voilà les formes mêmes d’une jeune fille. N’ai-je pas bien saisi la couleur, le vif de la ligne qui paraît terminer le corps? [...] Et ces cheveux, la lumière ne les inonde-t-elle pas? Mais elle a respiré, je crois! Ce sein, voyez? Ah! qui ne voudrait l’adorer à genoux? Les chairs palpitent. Elle va se lever, attendez.
– Apercevez-vous quelque chose? demanda Poussin à Porbus.
– Non. Et vous?
– Rien. »»

Honoré de BALZAC (1799-1850)
Le Chef d’oeuvre inconnu (1831, version 1847)
Edition présentée :
Janvier 2015, Folio n°5880, 128 pages

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