Charlotte – David Foenkinos

David Foenkinos - Charlotte - Gallimard Coup de coeur !

Charlotte est la biographie romancée d’une artiste peintre juive, Charlotte Salomon, morte en 1943 à Auschwitz, enceinte, à l’âge de 26 ans. Poignant et superbe.

Soyons clair, ce livre ne me disait absolument rien en raison de sa construction en vers libres. Lire un poème en prose de plus de 300 pages .. bof, je n’étais pas d’humeur. Grossière erreur.

Dès qu’on entre dans le style de ces phrases courtes, (très) lyriques, simples et directes, impossible d’en sortir. J’ai été happée par ce roman d’autant plus que je ne m’y attendais pas du tout. Ma réticence a été vaincue en deux pages. Je l’ai dévoré d’une traite, debout, assise, couchée, en marchant, en mangeant – pas en dormant, c’est un livre sur lequel les yeux ne se ferment pas, jusqu’à la dernière ligne.

Ce n’est pas le Foenkinos auquel je m’attendais. C’est moins léger, plus grave, plus intense aussi, certains passages m’ont donné des frissons d’émotions, oui, c’est très émouvant, mais c’est aussi très intéressant.

Charlotte SALOMONLes blessures de cette artiste née dans une famille maudite par des suicides à répétitions donnent envie de découvrir toute son oeuvre. C’est vraiment un très beau roman et un magnifique hommage à Charlotte Salomon, qui a envoûtée et obsédée David Foenkinos pendant plusieurs années, avant qu’il se lance dans l’écriture de ce roman.

Bon, ce livre s’est fait descendre par plusieurs critiques littéraires, comme par exemple Transfuge (lien désormais indisponible sur le web) ou les Inrocks, qui critiquent notamment le pathos, l’émotion facile (ce n’est pas faux …) le traitement de la Shoah, les procédés littéraires de David Foenkinos.

Et bien, pour moi, faible lectrice émotive, sur qui les trucs Foenkinos fonctionnent tout de suite, qui avait déjà aimé Les souvenirs et La délicatesse de Foenkinos, Charlotte est – avec Le Royaume d’Emmanuel Carrère – le livre de la rentrée littéraire 2014 : c’est lui, inattendu dans sa forme, intéressant dans son sujet, envoûtant dans son déroulé, bouleversant dans son propos. Je l’attendais, je l’ai trouvé.

Prix LittérairesPrix Renaudot 2014
Prix Goncourt des lycéens 2014
2ème sélection Prix Goncourt 2014
1ère sélection du Prix des libraires 2015
1ère sélection Prix Interallié 2014


La première ligne de Charlotte :

Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe.

La présentation de Charlotte par les éditions Gallimard (ou lien direct site) :

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une œuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C’est toute ma vie.» Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

Challenge RL 2014David FOENKINOS, Charlotte
Parution : Août 2014, Gallimard, 221 pages.

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(Dernière mise à jour : 18/11/2014)

20 réflexions au sujet de « Charlotte – David Foenkinos »

  1. je n’ai lu ta chronique qu’en diagonale car je suis en train de le terminer mais clairement je rejoins ton avis, coup de coeur! je publie très vite et reviens lire en entier ta chronique ;-)

  2. Alors là, je le sens pas du tout , malgré ton billet enthousiaste ! …
    Foenkinos j’en ai lu un et je m’étais dit que je n’en lirais pas deux , d’abord…
    et ensuite le lyrisme appliqué à cette période franchement je crains le pire.
    Suite à ton billet je lui laisserai sa chance si je le croise à la bibli, peut-être ?……
    Ps : je n’ai pas trouvé l’article de Transfuge avec ton lien
    La bise, Laure !

    • Qui sait ? C’est en le croisant à la bibli que j’ai pris, et tu vois, la surprise fut très bonne :-)
      Sinon, merci pour le lien, en effet, il n’existe plus, et je n’arrive plus à le retrouver sur internet, dommage, c’était intéressant de lire cet avis contraire.
      La bise itou !

  3. je l’ai trouvé très passionné à LGL, et j’ai vraiment envie de le lire, je sais que les critiques ont pu être acerbes, mais j’ai lu plusieurs très beaux billets de blog sur ce livre.

    • En ce moment Eva, j’ai l’impression que je suis à contre courant des critiques, donc comme j’ai adoré, ça ne m’étonne pas que des critiques soient acerbes :-)

  4. Roh ça donne super envie. En plus j’aime plutôt l’auteur comme toi, même si je l’ai lu assez peu. Mais j’avais peur du coup de la poésie….Un peu comme ces acteurs d’Hollywood qui tout à coup veulent être « pris au sérieux » et jouent des junkies ou des prostitués.
    Par contre je ne te crois pas pour le fait qu’il garde éveillé. Aucun livre, jamais, n’a réussi à me garder éveillée :D donc quand même, mince alors ! Je n’y crois pas, à ça. Mais en mangeant, oui. Ça, oui.

    • Vas-y, vas-y, vas-y ! Tu n’auras pas l’impression de lire de la poésie, donc ne t’inquiètes pas, et puis, peut-être que ce sera LE livre qui te gardera éveillée ;-)

  5. Comme toi avant de le lire, je suis rebutée par la forme et je n’aime pas du tout l’auteur que je trouve arrogant ( sauf quand il parle de Charlotte). Et ce que tu dis du pathos n’arrange rien. Mais il n’est pas impossible que je finisse par le lire.

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