Cassandra – Todd Robinson

Todd Robinson - Cassandra - Gallmeister

Cassandra est un premier roman, qui semble être écrit par un écrivain expérimenté. Peut-être parce que Todd Robinson est rédacteur en chef de la revue Thug Lit, une référence pour les amateurs de littérature noire et policière nous dit Gallmeister. Quoiqu’il en soit, c’est du sacré roman noir comme on aime !

Les deux amis Boo et Junior tiennent une agence de sécurité 4PC (Plan Pourri Pour Pas Cher) et ne font pas dans la dentelle. Au quotidien, ils sont videurs au Cellar, une boite de nuit cradingue qui récupère un peu toute la racaille et jeunesse de la nuit. La surprise est de taille lorsque débarque une femme splendide snob au petit cul sexy qui se propose de les embaucher pour récupérer Cassandra, la fille de son employeur. En voyant sa photo, Boo s’aperçoit qu’il a aperçu la gamine dans la boite peu de temps auparavant.

Les deux copains d’enfance – qui se sont rencontrés dans un foyer très jeunes – vont se lancer dans cette enquête avec des manières peu orthodoxes, mais bon, les poings faut bien que ça servent, la violence n’a jamais (vraiment) fait de mal à une mouche, les coups, les fractures et le sang, ce n’est au final pas grand chose. Mais là, même eux auraient préféré pouvoir ne pas voir, et fermer les yeux.

Raconté à la première personne du singulier, avec les mots de Boo, le livre est teinté d’un humour, qui se boit comme du petit lait. Par exemple, après avoir reçu le baiser d’une jeune fille, l’une des premières saillies de Boo : « Parcouru d’un frisson nabokovien , je redirigeai mon attention vers la foule. (Et oui, putain, je sais qui est Nabokov, je suis videur, pas attardé mental) », et le livre est truffé de petites remarques tranchantes, de réparties inattendues, parfois grossières certes, mais surtout à chaque fois, extrêmement bien trouvées, truculentes et drôles.

Et puis, ce qui fonctionne très bien aussi, c’est que non seulement notre ami Boo est attachant avec son look de gros dur, mais c’est qu’en tant que lecteur, on a vraiment l’impression que Boo sait de quoi il parle, le monde de la nuit est bien rendue, les rencontres avec des gens peu recommandables aussi. L’expérience de Todd Robinson (ancien videur) est clairement pour quelque chose dans la réussite de cette ambiance nocturne et alcoolisée, et quand ça poisse, on a envie de se laver les mains, quand ça pue, de se boucher le nez.

Mon tout petit (petit) bémol, c’est qu’après une histoire qui se déroule d’une traite pendant 250 pages, dans un rythme cohérent et une fluidité sans écueil, ça part peut-être un peu trop dans tous les sens. Mais comme c’est bien écrit (et certainement bien traduit), claquant et marrant, c’est entièrement pardonné, et pour un premier roman, c’est quand même sacrément bien réussi et bien mené même si sur la fin, peut-être, c’est un petit trop sanglant.

Je ne dis qu’une chose, j’espère qu’il va avoir une suite. A quand le deuxième Monsieur Todd Robinson ?

Les premières lignes de Cassandra :
(ou lire un extrait plus long)

Le Garçon avait huit ans lorsqu’il apprit la haine.
Aujourd’hui encore, il a du mal à se rappeler les événements dans l’ordre où ils s’étaient produits. Il sait comment l’histoire doit se terminer, mais il a beau essayer, les épisodes partent à la dérive dans son esprit comme les flocons dans une boule de neige

La 4e de couverture des éditions Gallmeister :
(ou lien direct site Gallmeister)

Boo et Junior ne se sont pas quittés depuis l’orphelinat. Aujourd’hui adultes, ils sont videurs dans un club de Boston. Avec leurs deux cent quinze kilos de muscles et leurs dix mille dollars de tatouages, ça leur va plutôt bien de jouer les durs. Mais quand on leur demande de rechercher la fille du procureur de Boston qui a disparu, ils vont devoir recourir à autre chose qu’à leurs biceps. Que la gamine fasse une fugue, soit. Il faut bien que jeunesse se passe. Mais quand elle se retrouve sous l’emprise de ses mauvaises fréquentations, c’est une autre histoire.

Le Mois americainChallenge RL 2015Todd ROBINSON
Cassandra
Traduit de l’anglais (américain) par Laurent Bury
Gallmeister, Août 2015, 384 pages
VO : 2013, The Hard Bounce

16 réflexions au sujet de « Cassandra – Todd Robinson »

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