Carnets de thèse – Tiphaine Rivière

Tiphaine Rivière - Carnets de thèse - Seuil

Carnets de thèse ou les tribulations d’une jeune femme pour devenir Docteur en littérature. Drôle, réjouissant, méchant juste ce qu’il faut, vraiment ça vaut le détour. Peut-être à éviter pour ceux qui pensaient s’engager – ou sont déjà – sur la voie de la thèse …

Quoiqu’il en soit, difficile de ne pas adorer Jeanne Dargan, jeune professeur au collège qui va enfin pouvoir réaliser son rêve, quitter ses élèves de ZEP et s’engager dans la voie royale de la recherche. Enfin, royale, c’est ce qu’elle croyait …

Dès les premières bulles, j’ai adoré les expressions et les répliques de Jeanne, elle est naturelle, pleine d’enthousiasme, même lorsqu’elle est dépitée, elle est extrêmement touchante.

Gestion du temps, gestion financière, galère au quotidien, préparer les cours, perdre du temps dans les transports, perdre du temps à gagner sa croûte dans un boulot administratif sans intérêt, perdre du temps … et ne plus en trouver pour la thèse elle-même. Sans compter les questions existentielles de changement de titre, d’organisation des chapitres, du plan, des rendez-vous avec son directeur de thèse, du gymkhana pour trouver une chaise à la bibliothèque François Mitterand (qui est génialement criant de vérité), ça n’arrête jamais et le sourire est bloqué sur les lèvres tout le long de la lecture.

Et puis, les personnages du directeur de thèse désabusé ou de la responsable administrative cataplasmique sont un régal de caricature, très représentatif ! Et si vous ne savez plus pourquoi vous avez abandonné votre thèse en cours de route, comme Tiphaine Rivière, qui s’est inspirée de son expérience pour dessiner cette bande dessinée, ce petit rappel vous enlèvera définitivement tout scrupule.

Vraiment très réjouissant !

La présentation des éditions du Seuil :

Quand une jeune enseignante quitte son collège de ZEP pour se lancer, euphorique, dans une thèse, elle n’imagine pas le chemin de croix sur lequel elle s’engage…

Autour de Jeanne défile l’univers des thésards : le directeur de recherche charismatique, expert dans l’art d’esquiver les doctorants qui attendent fébrilement la lecture de leurs pavés ; la secrétaire usant de toute l’étendue de son pouvoir d’inertie dans le traitement des dossiers dont on l’accable ; les colloques soporifiques où sont livrés en pâture les aspirants chercheurs ; les amphis bondés de première année devant lesquels ils s’aguerrissent en étrennant des cours laborieux payés au semestre et dont ils recueillent les fruits dans des copies désarmantes de candeur ; la jungle de la compétition académique et le dénuement d’une université malmenée ; la famille et les amis qui n’y comprennent rien ; l’infortuné compagnon endurant par procuration le calvaire de cette thèse qui n’en finit pas…

À la manière d’un récit d’apprentissage, avec drôlerie et finesse, ce roman graphique raconte le quotidien de doctorants qu’on compte aujourd’hui en France par dizaines de milliers et qui, comme Jeanne, poursuivent leur recherche comme une quête existentielle. Vous en connaissez forcément. Après avoir lu ce livre, vous ne leur demanderez plus : « Alors, cette thèse ? »

Challenge rentrée d'hiver 2015Tiphaine RIVIÈRE
Carnets de thèse
Seuil, mars 2015, 180 pages

18 réflexions au sujet de « Carnets de thèse – Tiphaine Rivière »

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