Calligrammes – Guillaume Apollinaire

Apollinaire - Calligrammes - Gallimard poche

Calligrammes est un recueil de poèmes, et bien sûr de calligrammes, de Guillaume Apollinaire (1880 – 1918), publié l’année de sa mort en 1918. Il est composé de six parties :

- Ondes,
- Étendards,
- Case d’armons,
- Lueur des tirs,
- Obus couleur de lune,
- La tête étoilée.

D’abord, ça veut dire quoi exactement « Calligrammes » ?

Un calligramme est « un poème dont les vers sont disposés de façon à former un dessin évoquant le même objet que le texte » (Petit Robert), étant précisé que « Calli- » provient du grec kallos « beauté ».

Mais cette définition est intervenue après la création du mot par Apollinaire, qui disait :

« Ils sont une idéalisation de la poésie vers-libriste et une précision typographique à l’époque où la typographie termine brillamment sa carrière, à l’aurore des moyens nouveaux de reproduction que sont le cinéma et le phonographe »

Calligrammes - la colombe poignardée et le jet d'eauCe mot-valise (c’est le terme technique consacré) est une contraction de « calligraphie » et de « idéogramme ».

Certes, le recueil est très beau, mais s’il contient en effet des calligrammes qui donnent le nom au recueil, il est surtout composé majoritairement de poèmes de différentes sortes, certains avec des rimes, d’autres en vers libres, des poèmes de composition classique, d’autres un peu plus « bizarres » avec des vers en retrait, et d’autres originalités, comme des mentions manuscrites par exemple.

*En illustration : La colombe poignardée et le jet d’eau.

La petite histoire de Calligrammes :

La publication du recueil de poèmes Calligrammes – intitulé exactement « Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916) » – intervient à la fin de la 1ère guerre mondiale, en avril 1918, initialement aux éditions « Mercure de France », puis Gallimard (1925).

Attention, si Apollinaire est bien le premier a avoir inventé le mot « calligramme » en 1917, il n’est pas le premier à l’origine de cette idée des poèmes-dessins.

Il a surtout travaillé à ce recueil à partir de 1916 (Apollinaire était sur le front et a été blessé en mars 2016), pour le publier en 1918, peu de temps avant sa mort, le 9 novembre 1918.

Je vous invite à vous promener sur le site Guillaume Appolinaire.

Poème choisi :

Il n’est pas toujours facile d’être intimement touché par les poèmes en eux-mêmes, qui traitent de la guerre, plus ou moins directement. De par leur originalité, certains sont mêmes assez difficiles à comprendre. En tant que néophyte, j’apprécie plus les poèmes qui ont un sens direct, étant restée opaque à plusieurs d’entre eux.

En revanche, j’ai adoré les calligrammes que l’on peut lire un peu comme un jeu, en essayant de comprendre le sens de lecture (ce n’est pas toujours évident), en éloignant le livre devant soi et fronçant des yeux pour mieux voir ou deviner le dessin.

J’ai choisi un poème que j’ai beaucoup aimé, qui se trouve dans la partie dont le titre est très joliment trouvé « Obus couleur de lune ».


L’espionne

Pale espionne de l’Amour
Ma mémoire à peine fidèle
N’eut pour observer cette belle
Forteresse qu’une heure un jour

Tu te déguises
                          À ta guise
Mémoire espionne du coeur
Tu ne retrouves plus l’exquise
Ruse et le cœur seul est vainqueur

Mais la vois-tu cette mémoire
Les yeux bandés prête à mourir
Elle affirme qu’on peut l’en croire
Mon cœur vaincra sans coup férir


Guillaume APOLLINAIRE (1880 – 1918)
Calligrammes
Edition d’origine : Mercure de France, 1918
Edition présentée : Gallimard, avril 1966, 192 pages.

La poésiechallenge Classique

14 réflexions au sujet de « Calligrammes – Guillaume Apollinaire »

  1. Excellent choix ! C’est un de mes recueils de poésie préféré. J’aime bien aussi Alcools qui regroupe des poèmes avec des formes très différentes, même s’il n’y a pas de calligrammes.

    • J’ai ressorti mon exemplaire d’Alcools, tout poussiéreux aux pages arrachées. Pas de doute, c’est bien à l’école que je l’ai lu pour la première fois.

  2. Je l’ai lu récemment et j’ai beaucoup aimé la plupart des poèmes même si certains m’ont paru obscurs… Effectivement, il n’est pas le premier mais il a bien renouvelé le genre : il utilise des dessins ou la typographie. J’adore lettre océan !

  3. Hello Micmélo
    J’ai passé la partie « explications » car je suis fan des calligrammes d’Apollinaire, moi aussi.
    Je ne m’en lasse pas et j’en ai publié déjà plusieurs sur mes deux blogs !
    Mais je ne savais pas qu’il existait un recueil concernant ces dessins-poésies.
    Merci pour cette découverte.
    Bon dimanche et bises de Lyon

    • Coucou Soène, le recueil est accessible dans la collection poésie des éditions Gallimard, en petit format à petit prix, avec des illustrations bien reproduites, qui ne nécessite pas de se procurer la version en grand format pour l’apprécier. Ce serait dommage de s’en priver !
      Bonne fin de dimanche et bise parisienne ;-)

  4. Rhooo je viens juste de t’ajouter, je n’avais pas de wi-fi ce matin (comme depuis 3 jours tous les matins !!! :cry: ) et quel dommage que tu ne m’aies pas laissé ton lien la veille, je vais m’abonner à ton blog (si je trouve la case^^), ainsi en voyant passer le billet serais-je avertie ! J’adore Apollinaire, même si ces calligrammes ne se valent pas tous, je suis très sensible à celui que tu as choisi ! Encore désolée pour ce retard Laure, on devrait y arriver mieux que ça la prochaine fois ! ;)

    • C’est moi qui suis désolée, en fait, je n’arrivais pas à avoir accès à ta page, mon ordinateur mouline souvent car il y a trop de choses à télécharger, et il se fatigue trop vite je crois.

      La prochaine fois, je te l’enverrai par message sinon ;-)

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