La bonne peinture – Marcel Aymé

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Nouvelle extraite du recueil Le vin de Paris. Si Marcel Aymé est surtout connu pour ses fameux Contes du chat perché, il a écrit de nombreux romans, essais, ainsi que plusieurs nouvelles. La bonne peinture est l’une d’entre elles.

L’idée de départ est truculente : le peintre Lafleur est un artiste de talent. Les personnes qui regardent ses oeuvres se nourrissent. Au sens premier du terme : ils se sentent rassasiés.

Outre l’originalité du sujet, Marcel Aymé dresse des portraits vivants et drôles et vous allez adorer ses personnages: Hermèce, le marchand de tableaux de la rue Boétie, le peintre Poirier, le rival de Lafleur et le pauvre Etienne Moudru, sans le sou, qui veut manger gratuitement en regardant les tableaux de Lafleur.

Publié en 1947, cette nouvelle fantastique semble permettre à Marcel Aymé de traiter l’un des sujets qui occupe les parisiens à cette époque, celui de la difficulté de subsister, celui pour les plus démunis de trouver tout simplement de quoi se nourrir.

Mais il va au delà, il se moque du monde de l’art, de la spéculation qui va se développer autour des oeuvres du pauvre Lafleur qui n’avait rien demandé, de l’attitude des critiques littéraires, de la presse. Marcel Aymé se permet des petits pics jouissifs, et il est étonnant de voir comment, 70 ans après sa publication, cette nouvelle est loin d’être datée.

Habile, drôle et succulente, n’hésitez pas, je vous assure, vous allez vous régaler !

A noter une autre nouvelle autour de la peinture et de l’art : Le Chef d’oeuvre inconnu, de Balzac.

Adaptation :

Cette nouvelle a été adaptée en téléfilm en 1967 par Philippe Agostini. On retrouve notamment Claude Brasseur dans le rôle du peintre Lafleur. Vous pouvez voir le film sur le site de l’Institut National de L’Audiovisuel (INA).

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter la page du site Gallimard sur la vie et l’oeuvre de Marcel Aymé.


Les premières lignes :

A Montmartre, dans un atelier de la rue Saint-Vincent, demeurait un peintre nommé Lafleur, qui travaillait avec amour, acharnement, probité. Lorsqu’il eut atteint l’âge de trente-cinq ans, sa peinture était devenue si riche, si sensible, si fraîche, si solide, qu’elle constituait une véritable nourriture et non pas seulement pour l’esprit, mais bien aussi pour le corps.

La présentation des éditions Folio :

Lafleur est un peintre au talent extraordinaire. Non que ses tableaux soient d’une qualité artistique hors du commun, mais ils ont la faculté de rassasier ceux qui les regardent. Comme s’ils venaient d’avaler un bon pâté en croûte ou une crème au chocolat! Un tel don ne peut laisser longtemps indifférents journalistes et marchands d’art…

Une savoureuse nouvelle fantastique qui décrit avec humour et ironie le milieu de l’art.


Marcel AYME (1902 – 1967)
La bonne peinture
Folio, mai 2010, 106 pages
Première parution en 1947

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