Avec mon corps – Nikki Gemmel

Nikki Gemmell - Avec mon corps - Au Diable Vauvert (Avis de Valérie)

Ce n’est pas une punition, cette attente. C’est un plaisir. La douceur de l’impatience… et la douleur atroce qui en découle.

Le personnage de ce roman est mère de trois garçons. Elle a épousé un médecin, qu’elle aime mais sa vie sexuelle est un désert. Elle n’a pas eu de relation sexuelle avec son mari depuis la naissance du petit dernier et elle n’a pas d’amant. Le baiser de Mel, une mère d’élève un peu fantasque, à l’opposé de l’image de notre personnage principal, va réveiller en elle le souvenir d’un été, celui de son initiation sexuelle par Tol, écrivain en manque d’inspiration.

Je n’ai pas choisi ce roman, il est arrivé comme un grand dans ma BAL et je n’avais pas du tout envie de le lire. Le seul livre érotique que j’ai chroniqué du temps de mon blog était la BD Vanille Fraise que je n’avais pas aimée, que je n’avais pas trouvée du tout érotique et qui me vaut depuis les taquineries de Canel car j’avais écorché le titre et le nouveau titre laissait entrevoir des pratiques sexuelles un peu particulières. Pour moi, l’érotisme, ce n’est pas seulement décrire deux personnes en plein ébat, c’est émoustiller son lecteur, ou plutôt sa lectrice car Avec mon corps est très clairement destiné au lectorat féminin. L’intrigue est des plus classique et la construction, avec ce récit passé enchâssé dans le présent l’est tout autant. Mais Mikki Gemmell utilise la deuxième personne, un procédé qui me gêne très souvent et qui là, fonctionne très bien. Nous devenons cette femme, le temps de quelques pages, une femme qui découvre les jeux érotiques. Si 50 nuances de Grey m’a souvent fait sourire et n’est qu’un roman à prendre au trente-deuxième degré, ce n’est pas le cas ici. Nikki Gemmell met en scène une jeune femme qui tombe amoureuse d’un homme qui est aussi un amant généreux et joueur (pourtant, il n’est pas très drôle, Tol, le reste du temps) et elle décrit avec beaucoup de délicatesse le manque amoureux et/ou sexuel, l’attachement à un autre être qui vous dévore et vous fait perdre toute raison, alors même que vous savez que c’est totalement déraisonnable. Il y a d’ailleurs un flou intéressant dans la tête de l’héroïne : cet homme qui lui fait connaître le nirvana l’aime-t-il ? Cette question est totalement secondaire pour nous lectrice (ou juste pour moi ?) mais ne l’est peut-être pas pour un lectorat de jeunes adultes femmes.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l’héroïne m’a souvent fait penser à Elizabeth dans Orgueils et Préjugés parce qu’elles se laissent toutes les deux submerger par leurs émotions. On sait dès le départ que cette histoire se terminera puisqu’au début du roman, l’héroïne est mariée à un homme qui n’est pas Tol et ça ajoute à la tension dramatique. Nikki Gemmell écrit bien et invente deux personnages très attachants car l’héroïne n’est pas qu’une amoureuse transie, elle est aussi une fille que son père ne sait pas aimer comme il se doit et une jeune australienne du bush très différente de son Pygmalion. Il n’y a pas beaucoup d’humour dans ce roman sauf quand on apprend que les orteils tendus sont la preuve la plus infaillible d’un orgasme (ça vous arrive d’avoir les orteils détendus, vous ? Galéa et moi en avons conclu que nous sommes en état d’orgasme permanent, j’espère que tu ne m’en voudras pas de révéler ce secret, Galéa ), enfin moi, j’ai décidé que c’était drôle, pas sûr que ça le soit vraiment. Mon bémol concerne la fin. L’héroïne a une façon bien à elle et (trop ?) raisonnable de régler ses problèmes.

Publié en janvier 2015 au Diable Vauvert et à Anne et Arnaud que je remercie de m’avoir aussi bien cernée en m’envoyant ce roman. Il faut croire qu’ils me connaissent mieux que je ne me connais moi-même.

4 coeursChallenge rentrée d'hiver 2015
: 2

23 réflexions au sujet de « Avec mon corps – Nikki Gemmel »

  1. Ce roman est aussi apparu dans ma BAL (et en double, en plus). Feuilleté, décrété que ‘pas mon truc’ en lecture. Si en plus ça manque d’humour, pour moi c’est cuit!

  2. Ton billet m’interpelle aussi ! ( parce que je crois me souvenir que tu n’étais pas emballée par la perspective de la lecture de ce roman ). Je ne me serais jamais tournée spontanément vers ce titre ( bien que je me rappelle quelques billets élogieux à propos de  » la mariée mise à nue ) et maintenant j’en suis curieuse, c’est malin ! :-)

    • Eh bien tant mieux! En effet, je n’étais pas emballée du tout, j’ai cherché un peu de soutien sur FB d’ailleurs. ;)
      Je lirai La mariée mise à nue, j’aime les romans troublants.

  3. Je ne suis pas non plus fan de littérature érotique donc je ne pense pas le lire, mais cette histoire de doigts de pieds ça m’interpelle, moi ils sont souvent recroquevillés, comme quoi c’est possible, la lose, j’suis pas en orgasme permanent, par contre, c’est quasiment certain je crois que la prochaine fois il FAUDRA que je vérifie si la théorie est vraie!! sauf que, désolée les filles, pensez à des blogueuses pendant l’orgasme c’est pas un peu chelou?

    • Pendant c’est chelou, oui, mais tu fais bien attention (ou tu demandes à ton homme d’y prêter attention parce que normalement, pendant l’orgasme, tu ne dois pas penser à tes orteils) et ensuite, tu nous dis. Parce que tu es un cas très intéressant et que tu ne peux pas nous laisser tomber sur ce coup-là.

  4. Hep, Valérie, tu le fais exprès, la BD s’appelle en réalité ‘Fraise et chocolat’ !!! :-)))
    Blog ou pas, tu n’as pas fini de me faire rire, je vois (et donc de te faire taquiner ;-)).
    Je note +++, j’avais bcp aimé ‘La mariée mise à nu’ de cette auteur – très troublant.
    Laure, je vais revenir bientôt chez toi : si tu veux bien m’accepter dans ton challenge de la rentrée litté 2015, je m’inscris.

  5. J’attendais ton avis avec impatience. Tu as aimé alors que tu n’aurais pas forcément dû, donc ça m’interpelle. Et ça me donne envie de le découvrir, ce texte ;)

    • Je serais curieuse d’avoir l’avis d’un homme parce que c’est le plaisir féminin qui est au centre de ce roman. Et l’homme qui est le héros de ce roman se décarcasse pour que ce plaisir soit le plus intense et le plus long possible. Je n’ai jamais lu de romans érotiques écrits par un homme mais je pense que le résultat ne peut qu’être très différent.

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