Aux confins du monde – Karl Ove Knausgaard

Karl Ove KNAUSGAARD - Aux confins du monde - Denoël

Quelle belle découverte que celle de Karl Ove Knausgaard ! Aux confins du monde est un pavé qui se dévore, de l’auto-fiction qui emporte, une histoire simple, celle de la vie qui enchante. A lire, à lire, à lire.

C’est brillant, c’est envoûtant, et pourtant, Karl Ove Knausgaard (KOK) ne raconte rien de particulier, pas d’aventures extraordinaires, pas de rebondissements surprenants, pas de confessions fracassantes.

Il saisit simplement la vie, le temps qui passe, comme si on était là, à côté de lui. Il a le sens du détail, du réalisme, du déroulement de la pensée, de la franchise, de la netteté dans les mots, dans les phrases. C’est sans détour. C’est la vie d’un jeune homme de 18 ans, qui se retrouve parachuté professeur – car franchement, il ne sait pas trop quoi faire d’autre – dans un bled perdu du nord de la Norvège, Hafjord.

Karl ove veut picoler, rencontrer des filles, coucher, son obsession, et boire, sortir, les filles, picoler et boire. Il patauge, se cherche, n’a pas vraiment d’objectif concret, n’attend pas grand chose, mais il est touchant. Même quand il est agaçant de bêtise, d’insolence ou d’inconscience. Il est touchant parce qu’il est vrai, entier, sans masque.

Il fait partager aux lecteurs le récit intime de sa vie de façon transparente, sans aucune concession. Comme dans la vie, comme dans une discussion, par flash back, il évoque le passé, il raconte son père alcoolique, ses frasques de jeunesse (alors qu’il n’est pas beaucoup plus vieux), il évoque des moments avec ses potes, ses réflexions, sa passion pour la musique, sa grande passion qu’est la musique (d’ailleurs, KOK a des allures indéniables de rocker), et bien sûr, son rapport à l’écriture.

Aux confins du monde est le 4e livre d’une oeuvre plus globale, qui s’appelle Mon Combat et qui comprend six volumes. Ceux déjà parus et traduits en France sont : La mort d’un père (I), Un homme amoureux (II) et Jeune homme (III). Nul besoin d’avoir lu les précédents pour découvrir et adorer ce 4e livre.

Rendez-vous très vite pour un prochain livre de Karl Ove Knausgaard.


Les premières lignes :
(Lire un extrait plus long)

Lentement mes deux valises avançaient sur le tapis roulant du hall d’arrivée. Elles dataient de la fin des années soixante et je les avais trouvées dans la grange parmi les affaires de maman la veille de notre déménagement.

La présentation des éditions Denoël :

À dix-huit ans, fraîchement sorti du lycée, Karl Ove Knausgaard part vivre dans un petit village de pêcheurs au nord du cercle arctique, où il sera enseignant. Il n’a aucune passion pour ce métier, ni d’ailleurs pour aucun autre : ce qu’il veut, c’est mettre de côté assez d’argent pour voyager et se consacrer à l’écriture. Tout se passe bien dans un premier temps : il écrit quelques nouvelles, s’intègre à la communauté locale et attire même l’attention de plusieurs jolies jeunes femmes du village. S’installe peu à peu la nuit polaire, plongeant dans l’obscurité les somptueux paysages de la région et jetant un voile noir sur la vie de Karl Ove. L’inspiration vient à manquer, sa consommation d’alcool de plus en plus excessive lui vaut des trous de mémoire préoccupants, ses nombreuses tentatives pour perdre sa virginité se soldent par des échecs humiliants, et pour son plus grand malheur il commence à éprouver des sentiments pour l’une de ses élèves.
Entrecoupé de flash-back où l’on découvre l’adolescence de Karl Ove, et grâce auxquels on distingue l’ombre omniprésente de son père, Aux confins du monde capture d’une main de maître le mélange enivrant d’euphorie et de confusion que chacun traverse à la fin de l’adolescence.


Karl Ove KNAUSGAARD
Aux confins du monde
Traduit du norvégien par Marie-Pierre Fiquet
Denoël, septembre 2017, 656 pages
VO : 2010, Min Kamp, Fjerde Bok

8 réflexions au sujet de « Aux confins du monde – Karl Ove Knausgaard »

  1. Je n’aime guère les autofictions mais les auteurs étrangers sont souvent meilleurs dans ce domaine que les français. Et ton article incline à te suivre.

  2. la couverture de ce roman m »intriguait, avec ce barbu norvégien. Tu vois, je ne serais pas allée spontanément vers ce roman mais ta chronique est très tentante

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