Animal – Sandrine Collette

Sandrine COLLETTE - Animal - Denoel

Wahou ! Sandrine Collette est fabuleuse pour créer des atmosphères flippantes en mode survie, que ce soit contre les éléments naturels, l’eau (Juste après la vague) ou la neige (Six fourmis blanches) ou contre l’homme (Des noeuds d’acier, Les larmes noires sur la terre, Il reste la poussière). Elle s’attaque avec Animal à la survie contre la bête, contre la sauvagerie. Wahou bis !

Au beau milieu de la forêt népalaise, Mara découvre un enfant attaché à un arbre. Le lendemain, la même découverte. Elle sait que c’est une bêtise, nous ne savons pas pourquoi ils sont là, Mara décide de les délivrer, elle les appelle Nin et Nun, et veut tenter de leur donner une autre chance, une autre vie. Des prénoms de bande dessinées, d’histoires pour enfants, mais on est très loin du conte de fée…

Un autre endroit, une autre époque, dans la forêt du Kamtchatka (une péninsule dans l’extrême-orient russe), un groupe de six chasseurs sont en vacances pour s’amuser avec un fusil, pour chasser et tuer l’ours. Ils ont payé Vlad, leur guide spécialiste de la chasse à l’ours, et ont bien l’intention à tout prix de ramener une dépouille de l’animal.

Rien ne se passera comme prévu.

Dans ce 7e roman, l’adrénaline atteint des hauteurs volcaniques, et j’avoue, je n’ai pas décroché de toute la partie sur la traque avec l’ours. Elle m’a eue Sandrine, j’ai fonctionné comme rarement, j’ai adoré ses personnages, en particulier son héroïne guerrière adepte de la chasse extrême, c’est crédible, le rythme est haletant, la tension au bord de la cassure.

Sandrine Collette excelle dans la description des émotions fortes, dans la mise en place de la peur, dans le combat de l’homme pour sa survie. Son huis clos des grands espaces ferait presque suffoquer, la cage est grande, les contours infinis, une traque qui se poursuit sans cesse, j’en frisonne encore :

« Cela se joue jusqu’au dernier moment. Jusqu’aux dernières blessures. Et à l’instant ultime de l’épuisement »

Une pression à son maximum, le sang bat dans les tempes et les veines du lecteur, mais son sang à lui ne coule pas … Une petite précision, le roman n’est pas sanglant inutilement, il est tendu, l’excitation et la peur dominent, la tension augmente dans un splendide crescendo de bruits, de nuits et d’ennuis, dans un équilibre qui ne le fait jamais basculer dans l’inutile. Bravo bravo bravo !

Alors à côté de tant de puissance et de frissons, j’ai été un tout petit peu moins convaincue sur la partie Nin et Nun, certains effets de surprise n’ont pas fonctionné, des passages s’enfonçaient dans une surcharge d’effets, j’ai trouvé que c’était un peu « too much », et donc, l’effet s’est émoussé.

Mais c’est une bricole, un détail, absolument rien qui ne doive empêcher la lecture de ce superbe roman à fleur de peau et de poils, parfait pour les adeptes d’émotions fortes … et les autres !

Encore et toujours, une lecture en duo, cette fois-ci une lecture sauvage, avec ma chère Béa !


Sandrine COLLETTE, Animal
Denoël, mars 2019, 284 pages

1 réflexion sur « Animal – Sandrine Collette »

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