Un an après – Anne Wiazemsky

Anne Wiazemsky - Un an après - Gallimard

Un an après est une sympathique promenade soixante-huitarde. On sautille dans le monde de Godard, du cinéma et des artistes de 1968 avec plaisir et amusement.

Sans romanesque, mais plutôt avec une franchise et une fraicheur propre à une femme de 21 ans, Anne Wiazewsky raconte simplement une année de sa vie de jeune mariée avec Jean-Luc Godard de mai 1968 à mai 1969.

On va suivre avec curiosité les pérégrinations de Godard à travers les rues parisiennes, dans le Quartier Latin au printemps 1968 ou à Londres, on partage d’un bref coup d’œil la fin de l’affaire Langlois, le tournage de la Bande à Bonnot ou le festival mouvementé de Cannes.

Attention, rien n’est approfondi, tout n’est qu’évoqué. Ce livre tourne surtout autour de Jean-Luc Godard et des people de l’époque. Anne Wiazemsky égrène à l’envi le nom des personnes connues, comme si elle n’existait que par la popularité des gens qui l’entoure. C’est très naïf et très agaçant parfois.

Mais la fraicheur de ton donne envie d’excuser cette femme capricieuse et enfantine, son style parlé et répétitif et les successions de faits au détriment qu’une narration construite. Oui, on a envie de pardonner ces faiblesses, car on prend plaisir à partager cette tranche de vie inconstante, racontée avec légèreté, sans originalité ni invention certes, mais avec un regard frivole enjoué et frais, le regard pétillant d’une femme enfant sur une époque en plein mouvement.

Rafraîchissant.

Les premières lignes d’Un an après :

Nous venons d’emménager dans un appartement quelques semaines auparavant, au 17 de la rue Saint-Jacques, dans le Ve arrondissement. Depuis mon adolescence, je rêvais d’habiter le Quartier latin et il m’avait semblé idéalement situé, près de la Sorbonne, du boulevard Saint-Michel et de la Seine.

La présentation (4e de couverture) par Gallimard :

La traque des étudiants se poursuivait boulevard Saint-Germain et rue Saint-Jacques. Des groupes de jeunes, garçons et filles mélangés, se battaient à mains nues contre les matraques des policiers, d’autres lançaient différents objets ramassés sur les trottoirs. Parfois, des fumées m’empêchaient de distinguer qui attaquait qui. Nous apprendrions plus tard qu’il s’agissait de gaz lacrymogènes.
Le téléphone sonna.
C’était Jean-Luc, très inquiet, qui craignait que je n’aie pas eu le temps de regagner notre appartement. « Écoute Europe numéro 1, ça barde au Quartier latin! » Nous étions le 3 mai 1968.

Challenge rentrée d'hiver 2015Anne WIAZEMSKY
Un an après
Janvier 2015, Gallimard, 208 pages

16 réflexions sur « Un an après – Anne Wiazemsky »

  1. tiens je l’avais raté ce billet, heureusement qu’il y a la newsletter 🙂
    j’ai lu plusieurs Wiazemsky, et j’en suis chaque fois sortie agacée …je passe donc celui-là…

  2. J’ai beaucoup aimé les livres où elle évoque sa famille (son grand-père Mauriac et de l’autre côté sa famille d’origine russe). Je ne me précipiterai pas sur celui-ci mais s’il croise ma route, pourquoi pas.

    • Ce n’est pas faux … pas de nouveauté sous le soleil, mais ce n’est pas le style de livre que je lis d’habitude, alors pour moi, ce n’était pas trop des redites 😉

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