Americanah – Chimamanda ngozi Adichie

Chimamanda ngozi Adichie - Americanah - Gallimard

Americanah entre tout de suite et très facilement dans la catégorie « le bon gros pavé américain qui se lit tout seul ». Réussir à parler du racisme sur plus de 500 pages, fallait le faire, et Chimamanda ngozi Adichie réussit très bien son objectif.

Ifemelu est partie du Nigeria pour aller faire ses études aux Etats-Unis. Après plusieurs années, elle décide de rentrer au pays pour retrouver Obinze, l’amour qu’elle avait laissé en partant.

Elle va nous raconter sa vie au Nigéria, sa famille, ses amies, les raisons de son départ, son arrivée aux Etats-Unis, ses difficultés pour trouver du travail, ses rencontres amoureuses, et surtout, les différences culturelles, les discriminations et la création de son blog sur la race noire.

L’originalité de ce roman d’apprentissage spécial USA, est que toute cette histoire est racontée à travers les yeux d’une « noire non américaine », qui va découvrir les différences de pensées et les différences culturelles des « noirs américains » et des autres. Rien que l’entrée dans le roman est un délice : la séance d’Ifemelu chez le coiffeur est un petit régal et un dépaysement en soi.

Et on en trouvera d’autres épisodes piquants bien sentis. En plus, ce livre réussit à associer une écriture littéraire avec une tonalité sarcastique, voire caustique, qui en renforce l’originalité. Clairement, la visée de ce roman est ambitieuse, et l’on peut cependant regretter que cela se ressente parfois un peu trop.

Un autre bémol, le personnage d’Ifemelu. S’il est bien campé et a du caractère, je l’ai trouvé parfois trop condescendant et prétentieux. Je ne me suis donc pas vraiment attachée à Ifemelu, mais cela ne m’a pas empêchée de m’attacher à l’histoire et à son propos.

J’ai également trouvé quelques autres défauts à ce livre, quelques incohérences, mais ils restent infimes au regard du plaisir global que j’ai pris à la lecture de ce livre, que je recommande vivement.

Les premières lignes de Americanah :

Princeton, en été, n’avait pas d’odeur, et si Ifemelu appréciait le calme verdoyant de ses nombreux arbres, ses rues propres et ses majestueuses maisons, ses magasins aux prix subtilement exagérés et son air tranquille, immuable de grâce méritée, c’était cette absence d’odeur qui la séduisait le plus, peut-être parce que les autres villes américaines qu’elle connaissait dégageaient toutes des effluves caractéristiques.

La présentation de la 4e de couverture par les éditions Gallimard :

« En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire. » Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque sou­dainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ?
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux Etats-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.
A la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d’ombre, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d’immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant.

Chimamanda Ngozi ADICHIE
Americanah
Traduit de l’anglais (Nigeria) par Anne Damour
Janvier 2015, Gallimard, 528 pages

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42 réflexions sur « Americanah – Chimamanda ngozi Adichie »

  1. J’ai plus de réserves que toi mais pourtant je l’ai trouvé passionnant aussi.
    Mais niveau style ça ne va pas chercher bien loin et c’est parfois très dans la redite.

    Il a les grandes qualités et les petits défauts du best-seller en somme !

    • Je complète : je suis d’accord également pour le personnage d’Ifemelu, et je trouve que c’est peu crédible en réalité.Ces saillies pour-montrer-le-décalage-depuis-l’émigration-aux-etats-unis tombent comme des cheveux sur la soupe.

      • Oui, la crédibilité n’est pas le point fort de ce livre et beaucoup de choses sont un peu trop caricaturales, mais comme tu le dis très bien, ce sont les petits défauts que l’on pardonne au Best Seller :-)

  2. Je viens d’écrire un commentaire sur un autre blog, disant que je n’avais lu que du bien sur ce roman. Et bien voilà, je me suis trompée même si tu n’as pas un avis vraiment négatif. Mais ce n’est pas ça qui va m’arrêter ;)

  3. j’ai adoré ce roman (mais je m’en doutais, c’est une auteur que j’aime beaucoup) mais je ne sais pas encore par quel bout je vais écrire mon billet! ;-)

  4. Je l’ai terminé hier, j’ai beaucoup aimé moi-aussi !
    Mais la « condescendance » d’Ifemelu est, à mon sens, mise en avant pour montrer qui elle est devenue au contact des américains, une « Madame » qui a réussi et qui, de retour au pays, se croit supérieure, plus évoluée etc…C’est d’ailleurs le passage qui m’a marquée quand ses parents viennent lui rendre visite aux USA et qu’elle a honte d’eux..
    Bon roman, en tout cas ;o)

    • En fait, comme elle raconte son histoire alors qu’elle est déjà aux USA, je l’ai sentie très vite cette condescendance, et pas seulement à son retour au Pays. Mais, cela ne change pas la qualité du roman, c’est moi qui, de manière générale, supporte mal les personnes qui se sent supérieures et condescendantes ;-)

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