Agnès Grey – Anne Brontë

Anne Bronte - Agnès Grey - Gallimard Imaginaire

Le mois anglais de la blogosphère est l’occasion de lire des classiques, comme Agnès Grey, le premier roman d’Anne Brontë (1820-1849), publié en 1847 sous le nom d’auteur Acton Bell.

Agnes Grey est la fille cadette d’un couple adorable, un père pasteur, qui doit faire face soudainement à une catastrophe financière, laissant la famille ruinée. Agnès décide de travailler, de devenir gouvernante, bien que sans expérience, pour aider ses parents.

Agnès Grey n’étant pas le livre le plus connu des soeurs Brontë, je craignais un roman sans saveur. Bon, ce n’est pas le livre du siècle, mais ce fut une découverte agréable. Le roman reste très classique, avec des pensées conventionnelles et morales. Anne Brontë se sert de sa propre expérience pour offrir une vision vécue de la condition de gouvernante au début du XIXe siècle.

C’est le côté intéressant du roman, qui ne comporte cependant aucun évènement majeur, aucun fait romanesque palpitant, aucun personnage notable, autre que le personnage principal d’Agnès, si ce n’est peut-être celui de la mère, dans laquelle Agnès trouve un modèle de bonne tenue et de convenance. Agnès raconte la mauvaise influence des parents de familles riches sur l’éducation des enfants dont elle a eu la charge, et ses difficultés pour donner une bonne éducation à de petits garnements mal élevés.

La lecture est fluide, la narration chronologique sans surprise, et l’on s’attache malgré tout à Agnès Grey, même si le personnage manque un peu de caractère et de fantaisie. Agnès donne le sentiment d’être une gentille fille, dévouée et un peu naïve, avec des idées morales et de bienséance très arrêtées.

Alors oui, cela se ressent à la lecture, on a parfois envie de la secouer notre Agnès, on a envie qu’elle se rebelle un peu, qu’il se passe quelque chose d’un peu plus passionnant dans sa vie. Même si la condition féminine du XIXe n’est évidemment pas celle d’aujourd’hui, on a envie qu’elle défie un peu la morale et les codes de l’époque, et c’est, semble-t-il, ce qu’Anne Brontë a osé faire, pas dans Agnès Grey, mais dans son second roman, La recluse de Wildfell Hall. A découvrir donc.

Une lecture duo classique pour le mois anglais avec ma chère Béa.


Présentation des éditions Gallimard :

« Miss Grey était une étrange créature ; jamais elle ne flattait et elle était loin de leur faire assez de compliments ; mais, quand elle parlait d’elles ou de quoi que ce fût qui les concernât en termes élogieux, elles pouvaient avoir la certitude que sa bonne opinion était sincère.
Elle se montrait dans l’ensemble très prévenante, discrète et pacifique, mais certaines choses la mettaient hors d’elle ; certes, cela ne les gênait guère, mais pourtant mieux valait ne pas la désaccorder puisque, lorsqu’elle était de bonne humeur, elle leur parlait, était fort agréable et pouvait parfois se montrer extrêmement drôle, à sa manière, qui était bien différente de celle de Mère, mais faisait toutefois très bien l’affaire pour changer. Elle avait des opinions arrêtées sur tout, auxquelles elle restait farouchement attachée… Des opinions souvent rebutantes, puisqu’elle pensait toujours en termes de bien et de mal et avait une curieuse révérence pour ce qui touchait à la religion et un pendant incompréhensible pour les honnêtes gens.»


Anne BRONTE, Agnès Grey
Traduit de l’anglais par Dominique Jean
Gallimard/L’imaginaire, 2001, 308 pages
Première parution en 1933
VO : Agnes Grey, 1847

4 réflexions sur « Agnès Grey – Anne Brontë »

    • C’est le risque … J’ai largement préféré les romans de ses sœurs, que j’envisageais de relire, s’agissant de lectures anciennes. Pour le prochain mois anglais peut-être !

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