Absences – Alice Laplante

Alice Laplante - Absences - Robert Laffont

Un mort dans un livre ne fait pas de ce dernier un « thriller ». C’est ennuyeux et mal écrit, la construction est pénible, et le suspens est inexistant ….

L’histoire d’Absences est simpliste : Amanda a été assassinée et ses doigts ont été coupés au scalpel par une personne experte. Or, il se trouve que Jennifer, sa voisine et meilleure amie, ancienne chirurgien, a justement été retrouvée pleine de sang, sait se servir d’un scalpel, mais zut alors, elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer et ne se souvient de rien.

Lecteurs experts de policiers, est-ce Jennifer la meurtrière ? Voilà où se trouve le suspens après une dizaine de pages. Non, non, vous ne connaîtrez pas la réponse, mais sachez – le nombre de personnages étant extrêmement réduits – que Jennifer a un fils très très méchant et jaloux, qui ne s’occupe pas d’elle, une femme de chambre qui l’aide au quotidien, et une fille parfaite, sa préférée, toute gentille et dévouée, une perle. Voilà.

En plus d’une « intrigue » qui n’en porte que le nom, le style est basique et une phrase de plus de vingt mots une exception. Ce sont principalement des bouts de phrases, des mots accolés les uns aux autres. Et pour donner une impression de suspens, sur les 400 pages du roman, c’est une succession de paragraphes de quelques lignes, une ligne blanche, une phrase, une ligne blanche, un mot, une ligne blanche … Vous comprenez, comme Jennifer perd la mémoire, elle passe d’une idée à l’autre, elle est perdue et donc supposée passer de l’oubli à des sursauts de lucidité : et peut-être bien que dans les sursauts de lucidité, le lecteur va pouvoir dévoiler le « mystère » ?!

Enfin, c’est rare d’avoir l’impression à ce point qu’il existe les premières pages avec le pitch, environ trois cents pages de remplissage (bon, avec quelques infos clés quand même) et bien évidemment, l’avant dernière page avec le voile qui se lève enfin. C’est un livre pour lecteur extrêmement patient.

Alors, quand sur la couverture d’accroche, il est indiqué que pour le New York Times, « Définir Absences comme un thriller, ce serait le confiner à un genre qu’il transcende », c’est la stupéfaction. Quand l’éditeur précise que le livre a obtenu plusieurs récompenses aux Etats-Unis, dont le Prix Welcome Trust en 2011, c’est l’incompréhension totale.

Quitte à lire un policier avec une femme qui a un problème de mémoire, choisissez plutôt « Avant de dormir » de S.J. Watson (éditions Sonatine). Où peut-être qu’au fond, il ne faut pas avoir lu « Avant de dormir« , pour apprécier « Absences » ? Tout éclairage est le bienvenu …

Grand Prix des lectrices Elle
Grand Prix des lectrices ELLE 2014
Sélection Catégorie Policier



Les premières lignes du roman Absences d’Alice Laplante :

Il est arrivé quelque chose. On le sent toujours quand il se passe quelque chose. On revient à soi et l’on découvre le chaos : une lampe brisée, un visage humain ravagé qui se brouille au point d’être méconnaissable. Parfois quelqu’un en uniforme : une aide médicale, un infirmier. Une main vous tend une pilule. Ou s’apprête à vous piquer.

La présentation du roman Absences par l’éditeur Robert Laffont :

Amanda O’Toole, soixante-quinze ans, a été retrouvée morte à son domicile, les quatre doigts de la main droite minutieusement amputés. Bien que Jennifer White, sa voisine, soit sa meilleure amie, c’est sur elle que se portent tous les soupçons : elle s’est disputée avec Amanda peu avant sa mort et son passé de chirurgien orthopédiste la désigne comme auteur de ce meurtre.

Mais Jennifer est atteinte de la maladie d’Alzheimer et ne sait pas elle-même si elle est coupable. Du brouillard de sa conscience tour à tour lucide et confuse émerge le récit du drame et les figures de tous ceux qui y sont mêlés : sa fille, Fiona, et son fils, Mark, ambigu comme son père, Amanda, bien sûr, ou encore Magdalena, la garde-malade dévouée mais qui a enfoui certains secrets, elle aussi.

Est-ce Jennifer qui a tuée Amanda et lui a ainsi mutilé la main ? Pour quelle raison ? Finira-t-elle par retrouver dans sa mémoire malade des révélations sur ce crime ? Avec une personnalité aussi imprévisible et tourmentée, la vérité ne peut être simple.

Alice LAPLANTE, Absences
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Daphné Bernard
Parution : Mars 2013 – Robert Laffont
Original : 2011, Turn of mind

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