à ce stade de la nuit – Maylis de Kerangal

Maylis de Kerangal - a ce stade de la nuit - Guérin Fondation Facim

à ce stade de la nuit retrace les pensées d’une nuit d’insomnie, d’une nuit solitaire, le jour où la radio diffuse le flash spécial de la catastrophe de Lampedusa. C’est le 3 octobre 2013.

Comment les pensées ou les images se succèdent ?

Le lien d’un son, d’une couleur, d’une île ici, Lampedusa, qui dérive sur un livre.

Un livre qui adapté au cinéma a donné un merveilleux film, le Guépard, et les idées volètent alors de Lampedusa à Burt Lancaster, de Burt Lancaster à Ned Merrill dans The swimmer, puis vont visiter Visconti, reviennent au livre puis au film.

Presque tous les chapitres de ce tout petit livre commencent par « à ce stade de la nuit », sans majuscule, comme si les pensées se suivent dans un même flot interrompu, sans que l’une soit plus importante que l’autre, sans qu’aucune ne soit vraiment capitale.

Ce qui est capital, c’est l’information de la catastrophe de Lampedusa, et les fluctuations de l’âme n’oublient jamais l’essentiel.

à ce stade de la nuit, tout se mélange, l’envie de fumer, de voir, d’écouter, l’envie de solitude, le constat que tout ressemble à un naufrage.

Maylis de Kerangal a écrit à ce stade de la nuit, spécialement pour les 14e Rencontres littéraires de la Fondation Facim, qui se sont déroulées le 7 juin 2014 à Chamonix sur le thème « Ecrire le paysage ».

Est-ce qu’elle a vraiment respecté le thème « Ecrire le paysage » ?

Lorsque les pensées s’accumulent et dessinent un joli paysage nocturne personnel, oui, sans hésitation.

Les premières lignes de à ce stade de la nuit :

Une cuisine, la nuit. L’unique lampe allumée crée au-dessus de la nappe un cône de lumière dorée que matérialisent les particules en suspension – une fois l’ampoule éteinte, je doute toujours de leur existence.

La présentation des éditeurs (4e de couverture) :

 » La nuit s’est creusée comme une vasque et l’espace de la cuisine se met à respirer derrière un voile fibreux. J’ai pensé à la matière silencieuse qui s’échappe des noms, à ce qu’ils écrivent à l’encre invisible. À voix haute, le dos bien droit, redressée sur ma chaise et les mains bien à plat sur la table – et sûrement ridicule en cet instant pour qui m’aurait surprise, solennelle, empruntée – je prononce doucement : Lampedusa. »

Maylis de KERANGAL
à ce stade de la nuit
Editions Guérin/Fondation Facim, Mai 2014, 78 pages

2 réflexions sur « à ce stade de la nuit – Maylis de Kerangal »

  1. Coucou Laure ! J’espère que tu vas bien. Je n’avais pas lu cette chronique. Il me tenterait bien aussi ce livre. Je suis tombée sur ton billet en faisant une petite recherche suite à la lecture de cet article de Livres Hebdo : http://www.livreshebdo.fr/article/reparer-les-vivants-de-maylis-de-kerangal-en-tournage-en-septembre
    Apparemment A ce stade de la nuit va être re-publié Verticales très bientôt…
    Et je suis curieuse dans la foulée de découvrir le film de Réparer les vivants ! 😉
    A bientôt ici ou là !

    • Il est tellement petit le livre que je ne l’imagine pas vraiment en éditions Verticales, sauf en très gros caractère 😉
      Sinon, je suis comme toi, j’ai tellement aimé Réparer les vivants que je ne manquerai pour rien au monde le film. Une crainte d’être déçue, mais j’irai sans faute. A bientôt !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *